Le jour où le silence a parlé devant la violence. Cette réalité oxymorique visible dans tous les coins et recoins de nos sociétés a été vécue le 7 août 2026 à Pointe-Noire, lors de l’exposition de la nouvelle œuvre de l’artiste plasticienne congolaise, Vanessa Manta.

Quoi de plus aguichant que ces trois mots: «Silence et résilience»! C’est, en réalité, le thème choisi par Vanessa Manta, pour son exposition qui a eu pour cadre le siège de la société Axek-Consulting pour s’en rendre compte!
Installation, performance, photographie et peinture, des canaux artistiques soigneusement choisis par le commissaire de l’exposition, Landry Mbassi, venu du Cameroun. Et dans un style mêlant réalisme et abstraction, Vanessa Manta a plongé les quelque deux cents personnes présentes dans un univers où la violence règne en maîtresse.
Mais une violence dirigée beaucoup plus vers la femme. Malmenée et violentée à volonté et ce, de plusieurs manières, c’est une femme seule en lutte au sein d’une société où elle est condamnée à subir les lois des hommes. Que peut-elle dire face à cette implacable réalité?
Si l’œuvre est autobiographique en ce qu’elle rend compte d’une situation vécue par Vanessa elle-même, de nombreuses sociétés, à travers le monde et plus singulièrement en Afrique, continuent de subir ce diktat des principes phallocratiques. Féminicides, coups et blessures volontaires. La femme seule connaît désormais le goût de la violence venant de l’homme.
«C’est une artiste qui a été troublée et qui travaille dans un contexte où les violences sont de plus en plus récurrentes. Donc, son histoire est universelle. Comme disait Victor Hugo, quand je vous parle de moi, je vous parle de vous», a expliqué Landry Mbassi. De quoi faire pleurer l’assistance. «Ce thème reflète nos réalités. On vit dans un monde patriarcal. Et du coup, la femme est victime de charges mentales. Elle doit donc apprendre à se battre», a reconnu Ardèche Pamba, une spectatrice.
Pourtant, si le silence est l’absence de son et que «j’ai manqué de parler quand il fallait parler», il n’est pour autant pas absence de sens. Tant il faut, certes, «tomber», mais «en continuant à se relever». Du coup, explique Vanessa, «Mon silence est ma résilience».
Le silence devient donc une arme psychologique aussi efficace que la stoïcité l’est pour un soldat dans une guerre d’usure où il doit lutter à la fois contre l’ennemi physique qui est son adversaire réel, mais aussi contre un ennemi invisible qui est le temps hautement énergivore.
Et si l’œuvre de Vanessa Manta a été à la hauteur des attentes artistiques, il faut un bis repetita. «Cette exposition, c’est tout un message, mieux une école destinée aux femmes pour faire face aux violences. Je souhaite que cette exposition ne s’arrête pas là. Je souhaite qu’elle vienne prester au Festival d’expression féminine, l’année prochaine», a proposé Germaine Ololo, comédienne.

John
NDINGA NGOMA

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