La transparence des revenus issus du pétrole, des mines et du secteur forestier demeure un enjeu majeur pour le Congo. C’est dans cette perspective que le Comité national de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (CN-ITIE Congo) a présenté le 7 août à Pointe-Noire, son Rapport ITIE 2023 aux acteurs du secteur.

«La priorité n’est pas simplement de donner les chiffres. L’important est de s’assurer qu’il y a une bonne traçabilité des recettes, depuis le paiement des entreprises jusqu’au niveau du Trésor public», a souligné le secrétaire permanent du CN-ITIE, Florent Michel Okoko, lors de cet atelier qui a réuni administrations publiques, entreprises extractives et forestières, société civile et autres parties prenantes.
Le Rapport ITIE 2023 met en lumière les revenus générés par les secteurs pétrolier, minier et forestier, leur contribution à l’économie nationale, ainsi que les mécanismes de gouvernance. Il relève également plusieurs évolutions enregistrées en 2023, notamment la prise en compte de la production minière de la Société de recherche et d’exploitation minières (SOREMI) et les difficultés rencontrées dans le secteur forestier.
Selon les données présentées, la production pétrolière s’est établie à environ 981 milliards de F. CFA, tandis que la production minière est évaluée à près de 2,6 milliards de F. CFA et la production forestière à environ 12 milliards de F. CFA.
Dans le secteur forestier, 41 % de la production n’aurait pas été valorisée, en raison notamment de difficultés liées à la commercialisation des produits.
Pour le CN-ITIE, l’enjeu ne se limite toutefois pas à la publication de ces données. Il s’agit surtout de permettre aux citoyens et aux différentes parties prenantes de disposer d’informations fiables, afin de mieux suivre les revenus tirés des ressources naturelles et leur contribution au développement du pays.
Cette démarche intervient alors que le Congo prépare sa prochaine validation dans le cadre de la Norme ITIE 2023, prévue en janvier 2027. Cette échéance impose de nouveaux efforts en matière de transparence, notamment sur les bénéficiaires effectifs, les entreprises d’État, les aspects environnementaux, la transition énergétique, l’égalité entre les femmes et les hommes, ainsi que l’accessibilité des données.
Pour Florent Michel Okoko, cette validation doit être considérée comme une opportunité de mesurer les progrès accomplis et de corriger les insuffisances persistantes dans la gouvernance du secteur extractif.
La société civile entend, pour sa part, jouer pleinement son rôle dans ce processus.
Renate Marie René Bongonda estime que l’accès à des données fiables permet aux organisations de mieux comprendre le secteur et d’évaluer son impact sur les communautés.
«La démarche nous convient, parce que l’ITIE est surtout basée sur la vérification et la fiabilité des données», a-t-elle déclaré.
Après Brazzaville et Pointe-Noire, la campagne de vulgarisation du Rapport ITIE 2023 se poursuivra à Ouesso, Owando et Ewo. À travers cette démarche, le CN-ITIE entend rapprocher les données du rapport des acteurs locaux et renforcer le dialogue entre l’État, les entreprises et la société civile autour d’une gestion plus transparente et responsable des ressources naturelles.

Jessica KINANI

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