Le bras de fer entre les travailleurs de l’Université Marien Ngouabi et le gouvernement franchit un nouveau cap. Faute d’accord avec les autorités à l’expiration du préavis, le collège intersyndical de cette institution réuni jeudi 8 octobre 2026 au Complexe universitaire Bayardelle, a acté le début d’un mouvement de grève général et illimité à compter du vendredi 9 octobre à 7 heures. Les négociations étant au point mort, l’inquiétude grandit du côté des étudiants face au risque d’une énième ‘’année blanche’’ ou de calendriers académiques profondément perturbés.
La décision du Collège intersyndical fait suite à l’expiration du préavis de grève de 72 heures déposé le lundi 5 octobre dernier, resté sans réponse concrète de la part des autorités ministérielles. Dans un avis de grève rendu public jeudi 8 octobre, la plateforme syndicale affirme avoir « examiné avec attention le compte rendu établi par sa coordination sur les revendications contenues dans la déclaration du 5 octobre ».

Au terme des échanges, les syndicats déplorent notamment le non-respect de la concomitance dans le paiement des salaires des agents de l’Université Marien Ngouabi avec ceux de la Fonction publique. Ils déplorent également le non-paiement de sept mois de salaires impayés, correspondant aux mois d’août et septembre 2024 ainsi qu’à ceux de mai, juin, juillet, août et septembre 2026. À cela s’ajoute le non-paiement des heures diverses dues aux travailleurs. Pour les leaders syndicaux, la situation piétine la dignité humaine.
Face à cette situation, le collège intersyndical réclame la régularisation d’une situation financière devenue intenable. Il exige le règlement de l’ensemble des salaires dus, le respect de la concomitance des paiements avec les agents de la Fonction publique et le paiement de la totalité des heures diverses dues.
La grève annoncée entraîne l’arrêt de toutes les activités académiques ainsi que du processus d’organisation des concours à l’Université Marien Ngouabi. Les syndicats précisent que la reprise des activités administratives et pédagogiques n’interviendra qu’après satisfaction de leurs revendications.
Tout en saluant le calme, la discipline et le sens du patriotisme observés par les travailleurs malgré les engagements gouvernementaux qu’ils estiment non respectés, le collège intersyndical appelle à maintenir la mobilisation. Il met par ailleurs en garde contre « toute tentative de récupération de sa déclaration à des fins inavouées ».
Gaule D’AMBERT







