Réunis à Brazzaville du 30 juin au 1er juillet 2026, plus de cinquante élus locaux, experts et représentants de quinze pays africains ont réfléchi aux moyens de renforcer la gouvernance locale et les infrastructures territoriales, afin d’accélérer la réalisation des objectifs du développement durable (ODD). Organisée par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), en partenariat avec le gouvernement congolais, cette rencontre a débouché sur des recommandations concrètes en faveur d’une territorialisation plus efficace des ODD.
Il s’est agi d’un dialogue régional consacré à la gouvernance locale, aux infrastructures territoriales et à l’accélération des Objectifs de développement durable (ODD) en Afrique. Organisée par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) sous la direction de sa Représentante résidente au Congo, Adama-Dian Barry, cette rencontre s’est tenue sous la houlette de la vice-primature en charge de la Coordination des infrastructures de développement et de l’aménagement du territoire, représentée par Bernard Gadzo, conseiller du vice-premier ministre Jean-Jacques Bouya. Elle a réuni des présidents de conseils locaux, des experts, des partenaires techniques et des représentants de la société civile venus de quinze pays africains.

Vue des participants

A l’ouverture de la réunion, Adama-Dian Barry a rappelé que l’Afrique dispose de moins de quatre ans pour atteindre les ODD, alors que moins de 6 % des cibles mesurables progressent au rythme attendu. Selon elle, « les ODD ne se réaliseront pas uniquement à travers des politiques globales ou nationales », mais surtout « dans les territoires, au plus près des populations ». Elle a insisté sur le rôle déterminant des collectivités territoriales pour améliorer l’accès à l’eau, à la santé, à l’éducation, à l’emploi et aux infrastructures de base.
La Représentante résidente du PNUD a également mis en avant les expériences conduites dans plusieurs pays africains, notamment les programmes de développement communautaire au Sénégal, en Gambie, au Gabon, en République démocratique du Congo, au Togo, au Tchad et au Niger. Ces initiatives, a-t-elle expliqué, démontrent que « les territoires deviennent de véritables moteurs de transformation » lorsque les communautés participent à l’identification des besoins et à la mise en œuvre des projets. Elle a plaidé pour davantage d’investissements dans les capacités des collectivités, des mécanismes de financement innovants, la mobilisation des ressources domestiques, ainsi que des partenariats public-privé capables de soutenir une gouvernance inclusive.
Représentant le vice-premier ministre Jean-Jacques Bouya, Bernard Gadzo a souligné que la décentralisation constitue désormais « un impératif stratégique » pour rapprocher l’Etat des citoyens et garantir un développement équilibré des territoires. Il a rappelé que les infrastructures territoriales demeurent le socle de la transformation économique et sociale, tout en saluant le Programme accéléré de développement communautaire, présenté comme un outil majeur de désenclavement des zones rurales et d’amélioration de l’accès aux services essentiels. Il a appelé les participants à formuler des recommandations opérationnelles susceptibles d’orienter les politiques publiques africaines.
Au nom des collectivités locales, le maire de Brazzaville, Dieudonné Bantsimba, a estimé que les villes et communes sont « le premier échelon de proximité entre les politiques publiques et les citoyens ». Il a plaidé pour un renforcement des moyens financiers, des compétences et de l’autonomie des collectivités territoriales, afin qu’elles deviennent de véritables laboratoires d’innovation au service du développement durable.
Les travaux ont débouché sur plusieurs recommandations majeures. Les participants préconisent notamment l’adaptation des politiques agricoles aux réalités territoriales, la décentralisation accrue des systèmes de santé, la mobilisation effective des ressources pour l’éducation, le développement d’infrastructures résilientes face au changement climatique, ainsi que le renforcement de la gouvernance locale par un transfert progressif des compétences et des ressources financières aux collectivités. Ils ont également recommandé de promouvoir la transparence, la participation citoyenne, l’autonomisation des femmes et des jeunes, ainsi que des mécanismes innovants de financement local.
Les participants ont convenu de renforcer la coopération entre les collectivités africaines, afin de faire des territoires le principal levier d’accélération des ODD et de bâtir une Afrique plus inclusive, résiliente et prospère à l’horizon 2030.

Gaule D’AMBERT

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