Le ministère de la Santé et de la population, avec l’appui de la représentation de l’OMS, a organisé un atelier du 4 au 5 août 2026, à Brazzaville. Il a visé à valider des algorithmes diagnostiques et thérapeutiques des troubles mentaux, neurologiques et liés à l’usage des substances psychoactives (MNS), adaptés au guide d’intervention mhGAP de l’OMS.
L’objectif de cet atelier est de doter le pays d’outils harmonisés pour intégrer la prise en charge et la qualité des soins de santé mentale dans les structures de soins non psychiatriques. Cela permettra d’accroître la couverture de services mentaux et élargir l’accès à ces services, en insistant sur le rendement des services au niveau primaire et communautaire.
Cet atelier national a regroupé des psychologues, psychiatres, neurologues, des experts en santé mentale, des chefs de district sanitaire et responsables des formations sanitaires. La rencontre a répondu à l’un des objectifs stratégiques du cadre, pour renforcer la mise en œuvre du plan d’action mondial pour la santé mentale 2013-2030, dans la région africaine, approuvé par les Etats membres, lors de la 72eme réunion du comité régional pour l’Afrique, en juillet 2022.
Le représentant de l’OMS au Congo, Vincent Dossou Sodjinou, a souligné, à l’ouverture de l’atelier : « Les récentes analyses des données sur la charge mondiale de morbidité révèlent que 792 millions de personnes vivent avec un trouble mental, ce qui représente plus de 10 % de la population mondiale, mais seulement 1% du personnel de santé fournit des soins de santé mentale. Dans la région africaine, les pathologies induites par les troubles mentaux, neurologiques et liés à l’usage de substances psychoactives représentent 6,12 % de la charge totale des années de vie ajustées sur l’incapacité ».
Face à ce tableau, a-t-il ajouté, il est indispensable de faire en sorte que les personnes en situation de trouble mental contribuent également à la vie de la société, avec des possibilités de bonne santé à tous les stades de la vie, en facilitant l’accès à une couverture sanitaire universelle et à de systèmes de santé et sociaux intégrés, centrés sur la personne.
Ouvrant les travaux, Jean-Claude Moboussé, conseiller à la santé publique et gestion du système du ministre de la santé, a affirmé : « La République du Congo est confrontée à des défis majeurs dans ce domaine, notamment l’insuffisance des ressources humaines spécialisées, ainsi que la concentration des services dans les deux grandes villes (Brazzaville et Pointe-Noire) et l’absence d’outils standardisés, pour guider la prise en charge dans les structures de base. Ces difficultés entraînent une errance des patients, un retard de diagnostic et une inégalité d’accès aux soins. C’est pourquoi la validation d’algorithmes adaptés au mhGAP constitue une étape essentielle ».
Le directeur du programme national de santé mentale, le Dr Paul Gandou, a rassuré : «La situation de la santé mentale au Congo enregistre des améliorations. Jusqu’en 2019, le pays ne disposait pas d’un programme national de santé mentale. Les soins n’étaient administrés que dans les services curatifs. Le programme est là pour élaborer les stratégies de prévention et de promotion des questions de santé mentale».
Le mhGAP (Programme d’action pour combler les lacunes en santé mentale) est une initiative de l’OMS lancée pour élargir l’accès aux soins des troubles mentaux, neurologiques et liés à l’utilisation de substances, en particulier dans les pays à revenu faible ou moyen.
Philippe BANZ






