L’Eglise a célébré mardi 1er septembre 2026 la 11ème Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création. A cette occasion, le Pape Léon XIV a présidé la messe depuis le Borgo Laudato Si’, dans les jardins de Castel Gandolfo, résidence d’été des Papes. Quelques jours auparavant, le Souverain pontife avait publié un message lié à cette journée pour la sauvegarde de la maison commune. A Brazzaville, cet élan a été suivi à travers la messe présidée le même jour par l’abbé Stève Gaston Bobongaud, secrétaire général de l’Association des Conférences épiscopales de la région de l’Afrique centrale (ACERAC).
Lors de cette messe en la chapelle de l’ACERAC à laquelle ont concélébré entre autres l’abbé Albert Kimbembé et le père Yannick Essengue (jésuite), respectivement président de la Commission environnement de l’archidiocèse de Brazzaville et membre du Centre Arrupe pour l’écologie intégrale, il a été question de prôner sans cesse le respect de l’écologie au Congo, à l’instar de la devise de ce centre lancé et tenu par les pères de la Compagnie de Jésus: «Là où la création respire, l’homme veille». Au cours de cette messe, l’abbé Kimbembé a prêché, tandis que le père Essengue a lu le message du Saint-Père à l’occasion de la Journée de la création.
Dans son homélie (Sg 13,1-9; Jn 1,1-4), l’abbé Albert Kimbembé a proposé une méditation poignante bâtie en trois points: contempler, chérir et sauvegarder la création. Selon lui, contempler la création «c’est retrouver l’émerveillement. C’est regarder l’eau, la terre, l’arbre, la forêt, l’animal, le ciel, non pas seulement comme des choses utiles, mais comme des œuvres qui témoignent de la générosité de Dieu». Avant d’enchaîner que chérir la création «signifie passer d’une logique de possession à une logique de responsabilité. Mais cette logique n’est possible que si nous faisons de cette création: «le âni et le êto» (mon bien, notre bien). La terre est à Dieu, mais elle nous est confiée. L’eau est un don, mais elle doit être protégée. La forêt est une richesse, mais elle doit être préservée. La ville est notre espace de vie, mais nous avons le devoir de la maintenir propre et habitable».
Sur la troisième attitude, l’abbé Kimbembé a souligné que «notre foi ne peut pas s’arrêter à la contemplation et aux sentiments. Elle doit devenir engagement. Il faut sauvegarder». «La terre, dit-il, a besoin de repos, de renouvellement et de respect». Il a affirmé que «la création gémit aujourd’hui dans nos forêts détruites, dans nos rivières polluées, dans nos terres épuisées, dans nos quartiers insalubres, dans nos rues transformées en dépotoirs. Mais elle gémit aussi à travers les populations qui souffrent parce que leur environnement ne leur permet plus de vivre dignement».
Au Vatican, le successeur de Pierre quant à lui, a dans son homélie, invité à cultiver la contemplation, premier pas vers «une authentique conversion écologique, où les effets de la rencontre avec Jésus-Christ se manifestent clairement dans notre rapport au monde qui nous entoure». En effet, dans son message publié le 15 août 2026, en la fête de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie, Léon XIV déclare: «De plus, l’interaction entre les conflits armés et la dégradation de l’environnement crée souvent un cercle vicieux qui détruit les écosystèmes, contamine des ressources essentielles telles que l’air et l’eau, et sape la sécurité alimentaire. Cela favorise la pauvreté, les inégalités et de nouvelles tensions sociales susceptibles de contribuer à l’émergence de nouveaux conflits». La guerre estime le Pape, «révèle un échec plus profond à vivre à l’image et à la ressemblance de Dieu, à respecter la vie et à prendre soin de la terre qui nous a été confiée».
Aristide Ghislain NGOUMA

