L’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) a tenu le 11 septembre 2026 à son siège de Diata, le premier arrondissement de Brazzaville, une session extraordinaire de son bureau politique. Dirigée par Pascal Tsaty-Mabiala, président du Conseil national du parti, cette rencontre a porté sur les préparatifs des prochaines échéances électorales. Elle a permis aussi au parti de faire entendre sa voix étant devenue inaudible depuis quelque temps.
Pour Pascal Tsaty-Mabiala, cette session constitue également une occasion de scruter l’horizon, en interrogeant le futur proche et en se prononçant sur les problèmes qui affectent le quotidien des Congolais.
Après le deuxième congrès ordinaire de l’UPADS, organisé du 20 au 22 novembre 2025 à Brazzaville, le président du conseil national a indiqué que le parti a poursuivi sa réflexion sur la manière d’ancrer davantage ses actions sur le territoire national.
Rappelant que l’UPADS n’a pas présenté de candidat à l’élection présidentielle du 21 mars 2016, il estime que la direction du parti s’est alors placée dans une position qualifiée de «ni soutien, ni indifférence». D’après lui, cette posture aurait permis de maintenir et de renforcer la stratégie «existentielle» engagée depuis le 7 avril 2016.
Il a par ailleurs souligné que depuis huit mois, l’État éprouve des difficultés à exécuter le budget de l’exercice 2026 révisé. Selon lui, ce budget serait «inexécutable» à cause de plusieurs contraintes qui entravent la gestion optimale des ressources, notamment: l’endettement excessif (la dette publique atteindrait environ 9 564,3 milliards FCFA à la fin du mois de juin 2026), l’érosion fiscale et douanière, la qualité insuffisante de la dépense publique et l’absence de discipline budgétaire, générant des dérapages.

Il estime que ces facteurs installent les prémices d’une crise sociale profonde, dont les indicateurs économiques et budgétaires actuels ne permettent pas d’envisager une sortie rapide. Malgré l’optimisme affiché par les autorités, l’UPADS considère que le pays a besoin d’une croissance plus forte et inclusive pour réduire un taux de pauvreté estimé à 46,8%. Le parti mentionne également que le pays se classe à la 138, place sur 193 selon l’indice de développement humain (classement 2025), que le chômage demeure préoccupant (119,8% en 2024, avec 41% chez les jeunes en quête d’emploi), que l’on observe une émission massive de titres du trésor sur le marché financier régional et que le service de la dette représenterait environ 85% des recettes publiques, comprimant ainsi fortement la trésorerie et réduisant la marge de manœuvre budgétaire.
L’UPADS indique aussi que la grogne sociale ne faiblit pas, avec des risques de grève dans plusieurs secteurs dues au non-paiement des salaires, aux arriérés, ainsi qu’aux difficultés touchant les pensions de retraite et le recrutement dans la Fonction publique, notamment pour les catégories de communautaires et finalistes issus des écoles spécialisées ou professionnelles.
Le président national a également évoqué des pénuries d’eau, d’électricité et de carburant. Face à ces difficultés, l’UPADS propose plusieurs mesures: adopter dans l’urgence un plan d’austérité pour ramener les dépenses publiques à un niveau compatible avec les ressources; rétablir la discipline budgétaire en réorganisant les régies financières; réduire de manière drastique les budgets de fonctionnement de toutes les institutions publiques; interdire les paiements en numéraire, afin de développer la bancarisation; établir la liste de tous les créanciers du Congo, en précisant les montants dus à chacun, et soumettre au Parlement un plan réaliste de désendettement; réhabiliter le Trésor public dans son rôle de banque unique de l’État.
Par ailleurs, le parti affirme que des problèmes de sécurité persistent, touchant à la fois les frontières et la vie humaine, en évoquant notamment les incidents de Makotimpoko. L’UPADS appelle le Gouvernement à prendre toutes les dispositions nécessaires, notamment en renforçant la sécurité des frontières fluviales entre les deux Congo, afin d’éviter de tels drames.
Dans la perspective de l’organisation, l’année prochaine, des élections législatives et locales, l’UPADS estime nécessaire l’application des recommandations issues de la rencontre tenue du 16 au 18 février 2026. Parmi les mesures jugées immédiates figurent: la revisitation du cadre légal définissant les critères de détermination du découpage administratif, la poursuite du découpage administratif et l’application stricte de la loi électorale.
Le parti demande aussi la revisitation des textes instituant le comité technique d’évaluation de la décentralisation, afin d’en assurer la mise en application, ainsi que de garantir des principes comme la transparence, le libre choix par l’électeur de son candidat, et la sincérité des résultats.
Les autres recommandations portent sur l’établissement à temps des listes électorales et la distribution des cartes d’électeur avec rigueur, la mise à disposition obligatoire et en nombre suffisant des fiches de transcription des résultats le jour du vote, l’introduction de la biométrie électorale, le plafonnement du financement des campagnes, le financement des partis politiques et de la démocratie, ainsi que la réduction du taux des différents cautionnements pour chaque élection.
Pascal Tsaty-Mabiala, s’est interrogé sur les conditions d’organisation de ces scrutins: «Dans quelques mois, le Congo rouvrira le cycle électoral en organisant les élections législatives et locales, puis le renouvellement des conseils municipaux et départementaux. Le Gouvernement n’est jamais pressé lorsqu’il s’agit de bien organiser les élections et met souvent les acteurs devant le fait accompli, en évoquant fréquemment le manque de temps pour appliquer les recommandations issues des différentes concertations».
KAUD

