L’un des premiers footballeurs professionnels congolais, Jean-Jacques Ikonga, dit Mermans, s’est éteint le 9 juillet 2025 à Annecy, en France, à l’âge de 91 ans. Il a été inhumé le 18 juillet dans la même ville où on le considère comme une légende. Il avait notamment joué comme attaquant dans deux clubs français: Olympique de Marseille et FC Annecy.
La génération actuelle hausse un sourcil interrogateur quand on évoque le nom de Jean-Jacques Ikonga. Cet ailier était, après Valentin Bamana (RC Paris et Besançon), le deuxième footballeur congolais à avoir évolué dans le championnat de France de division 1. Natif de Brazzaville (né le 11 mars 1934 à Poto-Poto), il était aussi le dernier rescapé de l’équipe nationale du Congo ayant participé en 1960 aux Jeux de la Communauté de Tananarive, à Madagascar. Une page de l’histoire du football congolais s’est donc refermée avec son décès.
Les gradins d’Eboué, Marchand, Pointe-Noire ou de Léopoldville n’ont ovationné Ikonga que sous le pseudonyme de Mermans. «On m’avait affublé, sans retenue, ce nom d’un international belge d’Anderlecht. Il paraît qu’il y avait des similitudes dans notre façon de jouer», me dit-il en 2016, de retour pour la première fois au pays. Joueur de Renaissance B (CARA de nos jours), puis d’Etoile du Congo, après un passage éclair au Red Star de Bangui (RCA), Jean-Jacques Ikonga avait quitté le Congo en… 1958 pour rejoindre l’Olympique de Marseille qui l’avait repéré par le truchement d’un intermédiaire. Il avait 24 ans alors.
Ce premier voyage en France n’avait pas laissé que de bons souvenirs à Ikonga ‘’Mermans. «Je m’étais fait voler tous mes bagages à mon arrivée», m’avait-il laissé entendre le 28 juin 2016 dans la cour du domicile de Claude Ernest Ndalla ‘’Graille’’ (à l’époque conseiller spécial du Chef de l’Etat), à une réception en l’honneur des survivants des Jeux de Tananarive (avec Mayala ‘’Larbi’’, Kibiassi ‘’Vignal’’ et Ndouri ‘’Piantoni’’). Et après un début de championnat 1958-1959 en fanfare, il fit banquette après s’être blessé gravement. Il n’avait joué que 6 matchs. Aussi avait-il décidé de poursuivre sa carrière à Annecy, mais comme amateur. Il sera champion de France amateur la première année.
«Ikonga a marqué l’histoire du FC Annecy par son talent, son engagement et son humanité, avant de transmettre sa passion aux jeunes du club pendant plus de 15 ans», écrit le Dauphiné. Il a raccroché ses godasses à crampons en 1964. Il avait 30 ans.
Va, en paix, Jean-Jacques Ikonga ‘’Mermans’’ ! Que le Seigneur t’accueille dans sa maison…
Guy-Saturnin
MAHOUNGOU







