Le 8 avril, à Soumouna et à Kinkala, dans le département du Pool, la chargée d’affaires de l’ambassade des États Unis au Congo a conduit une visite de terrain consacrée au suivi du programme McGovern Dole de vivres pour l’éducation et la nutrition de l’enfant. Financé par le Département de l’Agriculture des États Unis (USDA) et mis en œuvre par le Programme alimentaire mondial (PAM), en partenariat avec Catholic Relief Services (CRS), l’UNICEF et l’UNESCO, le projet bénéficie aujourd’hui à plus de 85 000 élèves répartis dans les 7 départements ciblés de la République du Congo.

Au delà de la distribution de repas scolaires, le programme contribue à transformer en profondeur l’environnement éducatif. En République du Congo, l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à une alimentation équilibrée demeure un défi dans de nombreuses écoles, en particulier en milieu rural et périurbain. Depuis février 2022, le programme McGovern Dole s’attaque à ces fragilités à travers une approche intégrée combinant cantines scolaires, infrastructures Eau, Assainissement et Hygiène, jardins scolaires et actions de communication pour le changement social et comportemental. Dans ce dispositif, Catholic Relief Services joue un rôle central. Les interventions mises en œuvre par l’organisation concernent 105 écoles réparties dans les départements du Pool, de la Bouenza et de la Cuvette, avec pour objectif d’améliorer durablement la nutrition, la santé et les conditions d’apprentissage des élèves en agissant simultanément sur plusieurs leviers essentiels.
La mission de suivi du bailleur s’inscrivait dans une logique claire de redevabilité. Autour de la représentante de l’ambassade des États Unis, la délégation réunissait le Programme alimentaire mondial, récipiendaire principal du projet, Catholic Relief Services, l’UNICEF et l’UNESCO, ainsi que les autorités locales et les communautés éducatives. La visite a débuté à l’école primaire Samba Daniel, dans le village de Soumouna, avant de se poursuivre à l’école Jean Kimbembé, à Kinkala.
À Soumouna, la délégation a inauguré un bloc magasin cuisine construit par CRS. Cette infrastructure permet d’améliorer la préparation, le stockage et la gestion des vivres fournis dans le cadre du programme. Elle renforce l’autonomie de l’école et contribue à la qualité des repas servis, tout en impliquant davantage les communautés dans l’organisation quotidienne de la cantine.
À Kinkala, pour ce qui relève des interventions de CRS, l’accent a été mis sur les infrastructures Eau, Assainissement et Hygiène. À l’école Jean Kimbembé, un forage d’eau potable récemment réalisé est désormais opérationnel. Son impact est immédiat. « Avant, les parents traversaient la route nationale pour aller chercher de l’eau. Aujourd’hui, l’eau est disponible dans l’école et elle est potable », témoigne Paulin Koussoumana, président de l’association des parents d’élèves. Un progrès décisif pour la santé, l’hygiène et la sécurité des enfants.
Ces réalisations visibles s’inscrivent dans des résultats plus larges observés à l’échelle des trois départements. Sur le volet Eau, Assainissement et Hygiène, 44 ouvrages ont déjà été réalisés, dont des blocs de latrines inclusives, des blocs magasins cuisines et des points d’eau. Par ailleurs, 49 écoles sont aujourd’hui équipées de dispositifs de lavage des mains, bénéficiant à plus de 21 000 personnes et contribuant à réduire les risques de maladies hydriques.
Autre pilier de l’action de CRS : les jardins scolaires. Trente-six sont actuellement pleinement opérationnels. Douze écoles ont déjà enregistré leurs premières récoltes, utilisées pour enrichir les repas scolaires au bénéfice de 3 574 élèves. Au total, plus de 10 700 enfants ont directement bénéficié d’une diversification alimentaire, tout en étant sensibilisés à des pratiques agricoles durables.
Le programme accorde également une place centrale au changement social et comportemental. Plus de 10 000 élèves ont été sensibilisés aux bonnes pratiques d’hygiène, près de 9 600 ont été formés en cascade, et des milliers d’autres bénéficiaires ont été atteints au niveau communautaire. Une attention particulière est portée à la gestion de l’hygiène menstruelle : à l’école Jean Kimbembé, 500 kits ont été distribués aux adolescentes, accompagnés de supports pédagogiques, afin de lutter contre l’absentéisme scolaire.
Sur le terrain, enseignants et parents constatent déjà les effets de cette approche intégrée. Une meilleure assiduité, une attention accrue en classe et un environnement scolaire plus sain. « Un enfant nourri est plus attentif », résume une responsable éducative locale, rappelant que la cantine scolaire n’est pas une fin en soi, mais un investissement stratégique dans l’avenir.
Alors que le programme se poursuivra jusqu’en septembre 2026, la question de la durabilité reste centrale. À travers l’appropriation locale des infrastructures, la mise en place de comités de gestion et la synergie avec les autorités éducatives, les partenaires entendent inscrire ces acquis dans le temps. La visite du bailleur américain aura ainsi permis de démontrer qu’une cantine scolaire bien pensée, intégrée à des actions de santé et d’éducation, peut devenir un véritable levier de développement, au service des enfants et de leurs communautés.

L’équipe de rédaction
de CRS.

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