Le ministère de la Coordination des infrastructures de développement et de l’aménagement du territoire et sa Délégation générale aux grands travaux (DGGT), en partenariat avec l’Agence française de développement (AFD) a organisé le 30 avril 2026 à Brazzaville une rencontre réunissant l’ensemble des parties prenantes du Programme de drainage des eaux pluviales de Brazzaville-phase 2. Cette rencontre a permis de restituer les résultats du Plan d’action de libération des emprises (PALE) et de lancer officiellement le Programme de restauration et de renforcement des moyens de subsistance (PRRMS) marquant une étape charnière dans la mise en œuvre du projet ‘’drainage des eaux pluviales de Brazzaville-phase 2’’.

Pendant les travaux

Mis en œuvre par le Gouvernement congolais sur un financement de 40 669 334 000 FCFA, soit 62 millions d’euros par  l’Agence française de développement (AFD), le Programme drainage des eaux pluviales de Brazzaville répond à un enjeu majeur d’aménagement urbain: la réduction durable des inondations, de l’insalubrité et des phénomènes d’érosion qui affectent significativement les conditions de vie des populations de la capitale.

C’est l’expert MOUS (maitrise d’œuvre urbaine et sociale) international chef de mission Magloire Tina qui a présenté les résultats du PALE. La Phase 2 du programme concentre ses interventions sur l’aménagement de la rivière Tsiémé qui arrose les arrondissements 5 (Ouenzé) et 6 (Talangaï) sur un linéaire de 4,013 km, avec pour objectif d’améliorer la résilience urbaine et de sécuriser les zones densément peuplées.

Phase déterminante préalable aux travaux, le Plan d’action de libération des emprises (PALE) a démontré une forte capacité d’adaptation face à la complexité des enjeux fonciers et sociaux. Initialement prévu pour 575 ménages, le processus de recensement a finalement permis d’identifier 804 ménages affectés, soit une augmentation de 40 % par rapport aux prévisions initiales, traduisant une approche inclusive et rigoureuse n’excluant aucune catégorie de population.

À ce jour, 754 ménages ont été indemnisés pour un montant total de 3,5 milliards FCFA, tandis que 748 ménages sur 804 ont libéré l’emprise du projet, représentant un taux d’exécution de 93 %.

Par ailleurs, 236 ménages vulnérables ont été identifiés et bénéficient d’un accompagnement spécifique. Le mécanisme de gestion des plaintes affiche un taux de résolution de 97 %, contribuant à maintenir un climat social apaisé.

Les 44 dossiers restants font l’objet d’un dispositif de sécurisation via la mise en place d’un compte séquestre, conformément aux exigences de la Norme environnementale et sociale n°5 de la Banque mondiale. La libération des emprises a démarré en juillet 2024 et s’est achevée en février 2026.

Le PRRMS est lancé

Avec le lancement de la phase 3, à savoir le PRRMS, le plan d’action de réinstallation (PAR) amorce une transition stratégique: il ne s’agit pas seulement de compenser les pertes causées dans les explosions du 4 mars, mais également de renforcer durablement les capacités économiques des ménages affectés. «Aujourd’hui, nous ne célébrons pas seulement le lancement du PRRMS, mais nous célébrons aussi une promesse tenue et une vision qui prend corps. Le PRRMS que nous lançons aujourd’hui marque le passage à la troisième phase et la dernière du PAR. Ce programme représente la dimension la plus noble de notre mission qui consiste à placer les citoyens au cœur de l’infrastructure», a souligné Jean François, représentant le directeur général de l’AFD.

Pendant les travaux

Il a félicité la bravoure des populations de l’arrondissement 5 Ouenzé des quartiers 505 et celles de l’arrondissement 6 Talangaï des quartiers 601, 602,603, 604 et 606 qui ont accepté de se séparer de leur milieu de vie.

Mme Cléo Loussouarn, responsable Equipe projet eau et assainissement à l’AFD a salué la bonne collaboration qui caractérise l’Etat et ses différents partenaires internationaux et nationaux. Elle a rappelé que le projet de drainage des eaux pluviales de Brazzaville, Phase 2, a permis d’améliorer durablement les conditions de vie des riverains de la Tsiémé.

Doté d’un budget de 3,16 millions d’euros (environ 2 milliards FCFA), le PRRMS cible 410 ménages éligibles. À ce jour, 340 ménages, soit 83 % ont déjà confirmé leur adhésion aux dispositifs proposés, traduisant une appropriation rapide du programme. Deux axes complémentaires sous-tendent sa stratégie: le développement des activités génératrices de revenus (AGR): 238 initiatives ont été identifiées, majoritairement orientées vers le commerce de proximité soit 76,6 %, en cohérence avec les dynamiques économiques locales des quartiers 58 et 58 bis de Ouenzé et 601, 602, 603, 604, 605 et 606 de Talangaï et le renforcement des compétences professionnelles: 102 formations qualifiantes sont prévues dans des secteurs de la conduite automobile (47,2 %), la couture-confection (11,1 %) ainsi que la coiffure-esthétique et la menuiserie (8,3 %) chacune).

Le développement urbain ne peut être durable sans inclusion sociale, le Programme de restauration et de renforcement des moyens de subsistance ouvre la voie à la reconstruction des trajectoires économiques des populations affectées, dans une logique de développement inclusif et durable.

Ramelyne MABALE (Stagiaire)

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