La justice belge a décidé de renvoyer en procès l’ancien diplomate Etienne Davignon, pour sa présumée implication dans l’assassinat de Patrice Lumumba en 1961 en République Démocratique du Congo. La décision que la justice belge a prise survient quinze ans après que les enfants d’Emery Patrice Lumumba ont déposé une plainte en 2011. Une décision que la famille Lumumba accueille avec beaucoup d’émotions.

Selon Kahi Lumumba, l’un des petits-fils de Lumumba: «A entendre cette nouvelle que ce procès s’ouvre, ça génère une émotion très forte et incontrôlable. C’est vrai que c’est tard mais c’est nécessaire puisque derrière ce nom il y a une histoire réelle, il y a une famille, il y a un pays, il y a un continent».
Pour Christophe Marchand, l’avocat de la famille Lumumba, «le processus judiciaire est très long et très lent. Mais l’important est qu’il aboutisse à la vérité et à la justice
«La plainte a été déposée par les enfants d’Emery Patrice Lumumba et aujourd’hui ce sont les petits enfants de Lumumba qui reprennent le flambeau pour la justice, pour la vérité pour cet héros de l’indépendance du Congo. Donc, c’est une étape importante dans un processus pour obtenir qu’un jour la vérité triomphe sur cet assassinat politique odieux de 1961.»
Aujourd’hui âgé de 93 ans, Etienne Davignon est le seul survivant parmi les responsables visés par la plainte. Il est accusé de participation à des crimes de guerre, notamment dans le transfert et la détention Lumumba exécuté au Katanga avec le soutien de mercenaires belges. Ce que contestent ses avocats.
Enseignant d’Histoire à l’université de Kinshasa, le Professeur Kiangu Sindani a insisté sur la vérité historique attendue. Ce qui expliqué d’ailleurs, souligne-t-il, l’importance du renvoi d’Etienne Davignon en procès. «Toute condamnation des présumés auteurs est une mascarade tant que les vrais faits et les vraies circonstances ne sont pas établis. En effet, il y a lieu de remettre en question la version généralement admise au sujet de la mort de Lumumba qui nous est officiellement servie.»
Emery Patrice Lumumba n’est pas mort seul. Deux de ses proches collaborateurs auraient été exécutés avec lui, le 17 janvier 1961. Il s’agit de Maurice Mpolo et de Joseph Okito, respectivement ministre de la Jeunesse et des sports et vice-président du Sénat. D’autres détails pourraient venir du procès très attendu.

Alain P. MASSAMBA

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