Trente ans se sont écoulés depuis la disparition de Mgr Godefroy Émile M’Pwati, premier évêque congolais du diocèse de Pointe-Noire. A cette occasion, Mgr Abel Liluala, archevêque métropolitain de Pointe-Noire, a présidé une eucharistie le dimanche 10 août 2025 en l’église Saint Christophe de Mvou-Mvou, dans le deuxième arrondissement de la ville océane. Peu avant cette messe, une cérémonie d’exhumation des restes mortels au cimetière de Loango et de réinhumation en l’église Saint-Christophe, son ancienne paroisse où il fut curé a eu lieu.

L’archevêque de Pointe-Noire était accompagné de NN. SS Louis Portela Mbuyu, évêque émérite de Kinkala, Jean Claude Makaya Loemba, évêque émérite de Pointe-Noire. Plusieurs prêtres parmi lesquels l’abbé Nance Farel Djembo Batchi, vicaire général. Anatole Collinet Makosso, Premier ministre, ainsi que quelques membres du gouvernement ont assisté à cette cérémonie, sous les airs musicaux de la chorale Tâ God. Mgr Godefroy Émile M’Pwati est né le 13 avril 1928 à Bilala. Il est ordonné prêtre le 9 juillet 1961, par Mgr Jean-Baptiste Fauret, spiritain et premier évêque de Pointe-Noire. Nommé premier évêque congolais de ce diocèse le 5 juin 1975, sa consécration a eu lieu le 7 décembre de la même année, par le cardinal Emile Biayenda. Il succède à Mgr Jean-Baptiste Fauret et reste à la tête de ce diocèse jusqu’au 1er juin 1986. Appelé affectueusement Tata God, il est le 5ème évêque congolais après Théophile Mbemba, Benoît Gassongo, Emile Biayenda et Georges Firmin Singha. Mgr Godefroy Émile M’Pwati s’est illustré par la traduction des textes bibliques en langue locale et par la composition de nombreux chants religieux en langue vili, sous la bénédiction du Pape Paul VI qui voulait que l’inculturation du message évangélique dans les différentes langues du monde soit une réalité. Il est décédé le 10 août 1995.
Au cours de cette eucharistie, la famille de Mgr Godefroy Émile M’Pwati a exprimé sa gratitude au clergé de Pointe-Noire et à Mgr Abel Liluala, qui ont permis que cette cérémonie ait lieu. Selon Gomes Bissouta, un des membres de la famille, «de son vivant et sentant venir les hurlements de la tombe, Tâ God, déjà amortit par le poids de l’âge, retourne à Saint Christophe sa paroisse d’origine. Il s’est rendu partout en sillonnant tout le Royaume Loango, de Pointe-Noire, au Cabinda, à la recherche des jeunes pour les attirer vers la vie religieuse sans distinction sociale». Des témoignages ont été faits sur la vie de l’illustre disparu par Mgr Jean-Claude Makaya Loemba. L’archevêque de Pointe-Noire a, dans son homélie, vanté les vertus qu’incarnaient Tâ God. «Je nous rappelle et comme nous l’avons entendu dans l’Evangile, qu’il faut rester en tenue de service, ceinture autour des reins et lampes allumées pour nous engager dans la construction d’une Église et d’une société où règnent l’amour fraternel sans hypocrisie, le pardon et l’espérance; une Eglise et une société où on voit plus loin que nos conflits d’humeur d’aujourd’hui. Où on voit plus loin que le bout de notre nez. Il a réalisé une œuvre inoubliable pour que l’Évangile de délivrance soit proclamé et chanté en langue vili, pour que la bonne nouvelle atteigne des peuples enclavés ou illettrés, pour que le peuple de Dieu soit libéré de l’esclavage des divisions, pour que les filles et fils d’un même pays se respectent réciproquement, sans tomber dans l’idéologie de l’hégémonie des uns sur les autres».
Au cours de cette eucharistie, il s’est agi aussi, de rendre grâce à Dieu pour le bon déroulement de la première édition du forum social de l’entrepreneuriat des jeunes en milieu chrétien dans la ville océane.

Madocie Deogratias
MONGO

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