Le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno a été reçu à l’Elysée jeudi 29 janvier 2026, à l’occasion d’une visite à Paris, en France.
Avec son homologue français, Emmanuel Macron, il a acté le début d’une nouvelle ère dans les relations entre Paris et Ndjamena, qui ont connu un coup de froid en 2025. En cause la rupture par les autorités tchadiennes de l’accord militaire entre les deux pays. La décision avait conduit au départ des derniers soldats français stationnés au Tchad, il y a un an.
Emmanuel Macron et Mahamat Idriss Déby Itno ont convenu d’«un partenariat revitalisé, fondé sur le respect mutuel et des intérêts partagés». A l’occasion d’un entretien de travail, les deux personnalités ont acté le début d’une nouvelle page dans la relation bilatérale entre Paris et Ndjamena. En commun, «l’un et l’autre ont agréé une série d’orientations qui constitueront le fil conducteur de la redynamisation du partenariat franco-tchadien dans les domaines d’intérêt partagé par les deux pays».
De son côté, le Tchad insiste notamment sur la recherche d’un soutien financier et d’investisseurs, ce qui colle à la position française, Paris souhaitant adopter un prisme économique et culturel dans ses relations avec les pays africains. Si aucune déclaration sur les questions sécuritaires n’a été faite, les deux Etats ont en revanche acté des intérêts convergents après avoir traversé une période de brouille, alors que Paris conserve un partenaire au cœur du continent africain dans une région particulièrement instable. Ndjamena peut compter pour sa part sur un allié fiable à un moment où la diversification engagée pour ses partenariats sécuritaires ne semble pas apporter tous les résultats escomptés.
Concernant le dossier soudanais dont la France refuse de se prononcer sur le rôle du Tchad, les deux présidents exhortent les belligérants à mettre en œuvre la trêve humanitaire proposée par le «Quad», composé des Etas-Unis, de l’Egypte, des Emirats arabes unis et de l’Arabie saoudite, appelant également à un environnement international propice à une résolution du conflit, préservant l’unité et l’intégrité territoriale du pays. «Les discussions entre la France et le Tchad se poursuivront afin d’assurer la mise en œuvre et le suivi des engagements réciproques souverainement pris dans ce cadre».
Alain-Patrick MASSAMBA







