Après l’attaque de l’aéroport Hamani Diori de Niamey survenue dans la nuit du 29 au 30 janvier 2026, le président de la transition militaire, le général Abdourahamane Tchiani a fait une déclaration publique accusant des chefs d’Etat. Il a dans un premier temps félicité l’ensemble des Forces de défense et de sécurité de son pays, mais également les partenaires russes qui ont défendu avec professionnalisme leur secteur de sécurité.

Puis, il s’est attaqué à ses homologues français, béninois et ivoirien. «Nous rappelons aux sponsors de ses mercenaires, notamment à Emmanuel Macron, Patrice Talon, Alassane Ouattara, que nous les avons suffisamment écoutés aboyer qu’ils s’apprêtent eux aussi à leur tour à nous écouter rugir», a dénoncé le président nigérien.
Les dirigeants militaires qui ont pris le pouvoir lors du coup d’Etat de juillet 2025 entretiennent des relations tendues avec la France et le Bénin et les accusent régulièrement de tenter de déstabiliser le Niger, ce que les deux pays démentent. Depuis le coup d’Etat militaire de 2023, Abdourahamane Tchiani a rompu ses liens militaires avec la France, l’ancienne puissance coloniale, et collabore désormais avec la Russie pour lutter contre les combattants islamistes qui sévissent dans la région depuis plus d’une décennie.
Le général Salifou Modi, ministre de la Défense a indiqué que c’est un groupe de mercenaires télécommandés qui a attaqué la Base aérienne 101 de Niamey. Il a révélé que la «vigoureuse riposte aéroterrestre a permis la neutralisation de 11 autres dont la majorité est grièvement blessée, ainsi que la récupération d’importants matériels de guerre».
Peu après l’attaque, le général Abdourahamane Tchiani a visité la Base militaire. L’assaut s’est produit dans une zone stratégique de la capitale, qui accueille plusieurs installations militaires, le quartier général de la Force conjointe Niger-Burkina Faso-Mali, ainsi qu’un important stock d’uranium, au cœur d’un contentieux avec le groupe militaire français Orano. Il a blessé quatre soldats et endommagé un aéronef. Les Forces nigériennes affirment avoir rapidement repris le contrôle de la situation, tuant vingt assaillants et en arrêtant onze autres. Les autorités nigériennes ont également affirmé qu’un des assaillants tués serait de nationalité française.

Alain P. MASSAMBA

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