Nous poursuivons notre réflexion sur le parcours de ce pasteur zélé de l’Eglise catholique au Congo qui s’est offert en sacrifice pour sauver son peuple. Cette série va se poursuivre durant toute l’année jubilaire jusqu’à la célébration du 22 mars 2027.
Dans notre précédente édition, nous évoquions ce qui s’était passé réellement ce jour-là. Nous voulons situer nos lecteurs pour qu’il n’y ait pas de doutes et d’interrogations. Suite à l’assassinat du président Marien Ngouabi, le vendredi 18 mars 1977, le peuple congolais était en émoi et se demandait comment un président de la République peut-il être assassiné à 14h en plein cœur du centre-ville, dans sa résidence de l’Etat-Major où la garde est draconienne? Le Comité militaire du Parti (CMP) qui venait d’être installé le samedi 19 mars, avait mis en place une commission d’enquête devant statuer sur les personnes suspectées afin d’établir la lumière sur cet ignoble assassinat. Parmi les personnalités ciblées pour être entendu par la commission d’enquête, pas pour autre chose de fâcheux, il y avait bien évidemment le cardinal Emile Biayenda, originaire du Pool, il faut le souligner. La rencontre entre le cardinal et les membres de la commission d’enquête était bel et bien programmée pour le mardi 22 mars dans l’après-midi. Comme je venais de le signifier dans le précédent numéro, justement cet après-midi-là, le cardinal attendait les membres de la délégation du CMP devant sa véranda à la Cathédrale. L’abbé Louis Badila, vicaire général de Brazzaville à cette époque-là qui venait de raccompagner une délégation venue lui rendre visite, remontait vite à la Cathédrale à bord de sa voiture pour justement accueillir la délégation. En remontant l’avenue Foch, il rencontre la jeep militaire avec abord trois personnes, en provenance de la Cathédrale et qui rebroussait chemin. Les deux convois s’arrêtent et de se questionner. L’abbé Louis Badila de dire: «J’ai laissé le cardinal sur place et il vous attends». C’est ainsi que les deux convois rebroussent chemin et remontent à la Cathédrale. Le cardinal qui était debout sous la véranda, les voyant, dit alors: Je vous attendais. C’est ainsi, il prit place à bord de cette jeep militaire au milieu de ses bourreaux. En tout cas, rien ne présageait qu’il devrait avoir quelque chose de fâcheux, sinon qu’une simple rencontre fraternelle avec le Comité militaire du Parti comme annoncé dans l’objet. A bord de cette jeep, le cardinal est coincé au milieu de ses trois bourreaux et cela a dérangé l’abbé Louis Badila: «C’est une autorité ecclésiale, et cela ne doit pas se passer ainsi», a-t-il dit. Il demande alors au cardinal de monter dans sa voiture et de s’asseoir à la cabine. Ce dernier refuse cette proposition protocolaire. C’est donc, dans ces conditions-là, que finalement les convois démarrent de la Cathédrale. Le véhicule de l’abbé Louis Badila suit attentivement la jeep militaire qui, quelque part disparait dans la nature. Ne pouvant plus suivre cette jeep, il repart à la Cathédrale. Ce qui est vrai c’est que la rencontre n’avait plus eu lieu à l’Etat-Major comme prévu, mais au domicile d’un officier supérieur de l’armée populaire nationale.
Chers lecteurs, toutes les personnes tuées en cette période de crise politique où la cour martiale siégeait sans désemparer, leurs corps n’ont jamais été retrouvés, sauf celui du cardinal. Tout est mystère et quel mystère!
Dans notre prochaine parution, nous parlerons de la Commission diocésaine du jubilé du don de la vie du cardinal Emile Biayenda: ses missions et toutes les activités y afférentes.

Pascal
BIOZI KIMINOU

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