L’ancien secrétaire général de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) Daniel Ngassiki, actuellement ambassadeur du Congo au Cameroun, n’a toujours pas été dédommagé par son ancien employeur. Retraité depuis une décennie (2016-2026), l’ancien cadre de cette Banque centrale de l’espace CEMAC s’étonne du sort que lui inflige le gouvernement de l’institution. Ce qu’il considère comme 10 ans de déni de justice au sommet de la BEAC, même après sa condamnation, «au nom de la Communauté» par la Cour de justice ou Cour suprême de la CEMAC, en audience publique à Ndjamena (Tchad) le 23 mars 2023.
Dans cette affaire, Daniel Ngassiki déplore qu’«en Afrique, il y a des cadres qui gèrent leur pouvoir comme s’ils étaient dans une jungle, et tout le monde laisse faire». Il fustige cette indifférence publique devant l’inacceptable du gouverneur de la Banque centrale qui selon lui, interprète mal et refuse d’exécuter les dispositions d’un contrat signé par le président du Comité ministériel, président du Conseil d’administration de la BEAC. Il se plaint des nouveaux gouverneur et vice-gouverneur qui continuent de refuser d’exécuter l’interprétation donnée par la Cour suprême de la CEMAC jugeant fondée la réclamation du requérant et condamnant la BEAC à payer le montant adéquat sur base contractuelle de son indemnité de fin de carrière de 30 ans à la BEAC à l’âge légal statutaire de 60 ans.
Daniel Ngassiki s’insurge de voir qu’on en soit encore à ce niveau au titre de l’obligation de bonne gouvernance et de respect des règles en vigueur en Afrique centrale. Presque personne, constate-t-il, ne se préoccupe ni proteste pour dénoncer sinon appeler à la sanction «ceux qui piétinent le droit à la justice d’un honnête citoyen confronté à un cas très grave d’abus de pouvoir et de délinquance patente vis-à-vis des règles de droit, et vis-à-vis d’une décision définitive de justice prononcée par la Cour suprême de justice de la CEMAC».
L’ancien cadre de la BEAC estime que la banque s’illustre par une mauvaise interprétation de dispositions contractuelles écrites pourtant très simples depuis 10 ans et par le refus inacceptable de devoir exécuter une décision de justice depuis bientôt trois ans. Pour lui, c’est une honte, un désastre pour l’Afrique centrale.
Aristide Ghislain
NGOUMA
