Débutée le jeudi 22 janvier 2026 par le culte d’ouverture des ouvriers apostoliques au Poste de l’Armée du Salut du Plateau des 15 ans, dans le 4e arrondissement Moungali, sur le thème: «Il y a un seul corps et un seul Esprit, de même que votre vocation vous a appelés à une seule espérance» (Ephésiens 4, 4); la Semaine de prière universelle pour l’unité des chrétiens, la 56edu genre qui s’est poursuivie dans les 39 secteurs que compte le périmètre urbain de Brazzaville, s’est clôturée le samedi 31 janvier 2026 en la Basilique Sainte-Anne du Congo.

Ce culte qui avait pour thème de méditation: «Grandir en Christ» (Ephésiens 4, 12) était placé sous la direction du pasteur Jean-Baptiste Mouanga, président entrant du Conseil œcuménique des Eglises chrétiennes du Congo. En présence du colonel Jean Laurore Clenat, président sortant du Conseil et chef de territoire de l’Armée du salut au Congo; Guy Locko Elenga, président de l’Eglise évangélique du Congo; l’abbé Vincent Massengo, vicaire général de Brazzaville, représentant Mgr Bienvenu Manamika Bafouakouahou, archevêque métropolitain de Brazzaville, et le père Jacob Miayokelé, représentant l’Eglise orthodoxe au Congo.
La prédication de la parole de Dieu faite par le pasteur Arsène Nkounkou, professeur à la Faculté théologique de Mansimou (Eglise évangélique du Congo), a plongé le peuple de Dieu dans une méditation profonde ou de l’invite à Grandir en Christ.
Le Conseil œcuménique des Eglises chrétiennes du Congo a adressé un message au peuple de Dieu, rendu public par son président.

Frères et sœurs bien-aimés dans le Christ,
Peuple de Dieu rassemblé dans la foi et dans l’espérance,
Autorités religieuses, civiles et politiques,
Filles et fils du Congo,

Au terme de cette Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, nos cœurs s’élèvent dans une action de grâce profonde et sincère envers Dieu, Père de toute miséricorde, source de la vie et de la paix. Durant ces jours de prière, de méditation et de rencontre fraternelle, nous avons été conduits à nous tenir ensemble devant Dieu, non pas comme des adversaires ou des concurrents, mais comme des frères et des sœurs appelés par une même vocation et porteurs d’une même espérance.
Nous rendons grâce pour chaque Église, chaque communauté, chaque responsable spirituel, chaque fidèle qui a accepté de faire le chemin de la rencontre, de l’écoute et du respect mutuel. Nous rendons grâce pour les moments de prière partagée, pour les silences habités par l’Esprit, pour les paroles échangées dans la vérité et la charité. Nous rendons grâce pour cette unité déjà réelle, même si elle demeure inachevée, fragile et parfois menacée.
La parole de Dieu qui a guidé notre marche spirituelle dans le cadre de cette semaine de l’unité résonne aujourd’hui avec une intensité particulière: «Il y a un seul corps et un seul Esprit, de même que votre vocation vous a appelés à une seule espérance» (Épître aux Ephésiens 4,4). Cette affirmation de l’apôtre Paul ne relève ni d’un idéal abstrait ni d’un simple souhait pieux. Elle exprime une réalité spirituelle profonde, mais aussi une exigence concrète pour notre manière de vivre la foi, d’assumer nos responsabilités et de construire la société.
Dire qu’il y a un seul corps, c’est reconnaître que nous sommes liés les uns aux autres par des liens plus forts que nos différences confessionnelles, culturelles ou sociales. C’est affirmer que la souffrance d’un seul membre atteint tout le corps, que l’humiliation d’un frère ou d’une sœur concerne toute la communauté, que l’injustice subie par les plus faibles fragilise l’ensemble de la nation. Dire qu’il y a un seul Esprit, c’est proclamer que la division, la haine, la violence, le mépris de la dignité humaine ne peuvent jamais être justifiés au nom de Dieu. Dire qu’il y a une seule espérance, c’est refuser de céder au découragement, au fatalisme ou à la peur, et croire que l’avenir peut être transformé par la conversion des cœurs et l’engagement responsable de chacun.
Cette semaine de prière nous a également permis de recevoir, avec gratitude et humilité, l’héritage spirituel proposé par l’Église apostolique arménienne. Cette Église, marquée par une histoire douloureuse, par l’épreuve, par l’exil et par la persécution, témoigne avec force que la foi chrétienne ne supprime pas la souffrance, mais qu’elle donne la capacité de la traverser sans perdre l’espérance. À travers l’Office du lever du soleil, nous avons été invités à contempler la lumière qui se lève après la nuit, à croire que Dieu demeure fidèle même lorsque l’histoire humaine semble sombrer dans l’obscurité.
Cette lumière n’est pas une illusion. Elle est une promesse. Mais elle appelle des veilleurs. Elle appelle des consciences éveillées, des femmes et des hommes capables de résister à la banalisation du mal, à l’indifférence, à la résignation. Elle appelle des croyants prêts à s’engager pour la vérité, la justice et la paix, même lorsque cela comporte des risques ou des incompréhensions.
Au nom de la Parole de Dieu et à l’Homme créé à l’image de Dieu (cf. Genèse 1,26) nous ne pouvons, en ce jour de clôture, détourner notre regard de la situation que traverse notre pays. Le Congo Brazzaville vit une période marquée par de profondes incertitudes. Les défis économiques affectent durement les conditions de vie de nombreuses familles. Le chômage, en particulier celui des jeunes, alimente le désespoir et la tentation de la violence. Les fragilités sociales, les inégalités persistantes et la perception d’injustices nourrissent un climat de frustration et de méfiance.
À l’approche des élections présidentielles, les tensions se font plus visibles. Les paroles se durcissent. Les soupçons se multiplient. Les peurs refont surface. Dans un tel contexte, le risque est grand de voir la société se diviser davantage, de voir la violence verbale ou physique prendre le dessus, de voir la vérité être sacrifiée au profit d’intérêts particuliers.
Face à cette situation, notre parole, en tant que leaders chrétiens, se veut claire, responsable et courageuse. Nous affirmons avec force que la violence n’a jamais été et ne sera jamais un chemin vers la paix. L’histoire de notre pays, comme celle de nombreuses nations, nous enseigne que la violence engendre la violence, que le sang versé appelle toujours plus de sang, et que les blessures non reconnues finissent par se rouvrir. Nous affirmons que le mensonge, même lorsqu’il semble utile à court terme, détruit la confiance et sape les fondements de la vie commune. Nous affirmons que l’injustice, tolérée ou institutionnalisée, prépare des lendemains marqués par la colère et le chaos.
La paix véritable ne se réduit pas à l’absence de conflit visible. Elle repose sur la justice, sur la vérité, sur le respect effectif de la dignité humaine. Elle suppose des institutions crédibles, des processus transparents, des responsables animés par le sens du service et du bien commun. Elle suppose également des citoyens conscients de leurs droits et de leurs devoirs, capables de s’exprimer sans violence et de participer activement à la construction de la nation.
C’est pourquoi nous adressons un appel respectueux mais ferme aux autorités politiques et institutionnelles de notre pays. Gouverner est une responsabilité lourde, qui engage non seulement le présent, mais aussi l’avenir des générations à venir. Le pouvoir ne trouve sa légitimité que dans le service du peuple, dans la protection des plus vulnérables, dans la promotion du bien commun. Nous exhortons celles et ceux qui ont reçu la charge de conduire la nation à œuvrer sans relâche pour la justice, la transparence et la paix, à garantir des processus électoraux crédibles, à assurer la sécurité de tous les citoyens, à refuser toute forme de manipulation, d’intimidation ou de violence.
Notre appel s’adresse également à la force publique, aux acteurs de la société civile, aux médias. Nous les invitons à exercer leur mission avec professionnalisme, impartialité et sens élevé de la responsabilité, conscients que leurs actes et leurs paroles peuvent contribuer soit à l’apaisement, soit à I’escalade des tensions.
Nous nous adressons aussi aux Églises elles-mêmes. En tant que responsables chrétiens, nous reconnaissons notre responsabilité particulière dans ce moment décisif de l’histoire nationale. Nous sommes appelés à être des sentinelles, à discerner les signes des temps, à rappeler sans relâche les exigences de l’Évangile. Nous refusons toute instrumentalisation de la foi à des fins politiques ou partisanes. Nous refusons que le nom de Dieu soit utilisé pour justifier la haine, l’exclusion ou la violence. Nous affirmons que la mission de l’Église est d’annoncer l’Évangile de la paix, de promouvoir la réconciliation et de défendre la dignité de toute personne humaine.
Aux fidèles chrétiens de toutes confessions, nous lançons un appel pressant. Demeurez fermes dans la prière, car la prière est une force capable de transformer les cœurs et d’ouvrir des chemins nouveaux. Mais ne vous dérobez pas à vos responsabilités citoyennes. Refusez les discours de haine, qu’ils soient fondés sur l’appartenance ethnique, politique ou religieuse. Refusez la manipulation de la peur. Refusez la logique de l’ennemi. Soyez des artisans de paix dans vos familles, dans vos quartiers, dans vos lieux de travail. Que vos paroles soient des paroles de vérité. Que vos actes témoignent de la justice et de la solidarité.
Notre espérance, frères et sœurs, ne repose pas sur des calculs humains ni sur des promesses éphémères. Elle repose sur Dieu, fidèle à son peuple. Cette espérance n’est pas une fuite hors du réel. Elle est une force qui nous engage, qui nous pousse à agir, qui nous appelle à la vigilance et à la persévérance (cf. Romains 5,5). Elle nous rappelle que le Congo est appelé à la vie, à l’unité et à la paix, et non à la division ou à la destruction. A ce propos, le Pape Paul 6 a écrit, je cite: «I ‘Eglise doit s ‘évangéliser, avant d’évangéliser», fin de citation.
En ce jour de clôture de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, nous prenons ensemble l’engagement solennel de poursuivre la prière pour notre pays (cf. 1 Thessaloniciens 5,17, prier sans cesse afin d’élever une voix commune chaque fois que la dignité humaine est menacée, de promouvoir l’unité nationale et la fraternité, de rester proches de celles et ceux qui souffrent, et de soutenir toutes les initiatives sincères en faveur de la paix et de la justice (cf. Actes 2, 42).
Que l’Esprit Saint, l’unique Esprit, renouvelle nos cœurs et nos intelligences.
Qu’il éclaire nos consciences et guide nos décisions. Qu’il fortifie notre espérance et notre courage.

Que Dieu bénisse le Congo Brazzaville.
Qu’il bénisse ses filles et ses fils.
Qu’il bénisse ses autorités et tous ceux qui servent le bien commun.
Et qu’il fasse de nous, aujourd’hui et demain, un seul corps, animé d’un seul Esprit, marchant avec confiance et détermination vers une seule espérance (cf.
Galates 5,22).

Je vous remercie !
Pour le Conseil Œcuménique des Eglises Chrétiennes du Congo
Révérend Jean Baptiste MOUANGA
Président de l’Eglise Evangélique Luthérienne au Congo
Président en exercice du COECC

Mgr Théodore
Evêque Patriarcal de l’Eglise Orthodoxe du Congo et du Gabon
Vice-Président du COECC
Révérend Guy LOKO ELENGA
Président de l’Eglise Evangélique du Congo
Mgr Bienvenu MANAMIKA
BAFOUAKOUAHOU
Archevêque Métropolitain et de la Province de Brazzaville
Président de la Conférence Episcopale du Congo
Colonel Jean Laurore CLENAT
Chef de Territoire de l’Armée du Salut

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