L’œuvre a été présentée lors d’une conférence de presse que le musicien congolais a donnée le 29 mai à Pointe-Noire. Découverte. La conférence de presse a eu pour cadre l’une des salles du Café Torino au centre-ville de Pointe-Noire. C’était en présence de la musicienne et animatrice télé et radio Rosine Makosso et du journaliste culturel et rappeur Âme César Sehossolo.
Cinquième album de l’artiste, depuis le début de sa carrière en 2006, c’est une œuvre de dix titres, dont la plupart sont chantés en lari, une langue des départements du Pool et Djoué-Léfini, au sud du Congo-Brazzaville. Parmi, ces chansons, le titre éponyme ‘‘Les temps changent’’, ‘‘Le rêve du lendemain’’, ‘‘Mes pleurs’’ et ‘‘Kumbi Nzila’’.
Mêlant plusieurs genres, le nouvel opus de Ladis Arcade s’appuie beaucoup plus sur la rumba.
Mais une rumba qui perd de sa substance au fil de la marche du temps, mais surtout au gré des valeurs morales fort négatives qui rythment la vie dans la société bantoue des temps modernes. «Les temps changent, effectivement. Hier, par exemple, tout aîné croisé dans la rue, on l’appelait, tout de suite, ‘‘yaya’’ (grand-frère, NDLR), papa ou maman. Mais aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Les temps changent en raison de la disparition des valeurs morales léguées par les ancêtres. Et ça se répercute dans la musique. Loin de blâmer nos jeunes musiciens, nous devrions quand même nous demander quelle éducation véhicule la musique actuelle?», déplore Ladis Arcade.
Et pourtant, il faut que les choses changent. «Je chante nos valeurs bantoues pour les transmettre aux générations futures. Question de les prévenir des antivaleurs à la mode aujourd’hui», explique encore Ladis, de son vrai nom Arcade Mboungui Bokassa. Ce, en précisant que le fait de chanter dans sa langue maternelle est loin d’être un obstacle. «Un exemple.‘’Thriller’’ de Michael Jackson est chanté en anglais. Mais cela n’a pas empêché cette œuvre de rencontrer un franc succès dans le monde francophone! Les gens ont cherché plutôt à savoir ce que Jackson disait dans ses chansons. Donc, la langue n’est pas une barrière. Elle est plutôt une curiosité», a encore précisé le chanteur.
Disponible sur le net, l’album devrait pourtant être promu. L’artiste sollicite ainsi l’appui de sponsors pour que le grand public découvre le produit.
Basé en France en 1997, du fait de la guerre civile de cette année, Ladis Arcade est détenteur d’un diplôme en agronomie obtenu dans son pays d’accueil.
Tout en exerçant son métier, il dit s’être lancé dans la musique pour remplir son devoir, celui de «dire quelque chose au profit des générations futures.»
John
NDINGA NGOMA







