Les journalistes se sont illustrés par un langage sévère pour qualifier l’action des pouvoirs publics, à la faveur de la célébration cette année, le 3 mai 2026, de la Journée mondiale de la liberté de la presse. L’association professionnelle JEC (Journalisme et éthique Congo), par exemple, a dénoncé les menaces, les pressions et les intimidations exercées sur des confrères pour avoir fait simplement le travail d’informer. Les «menaces de mort» proférées à Rosie Pioth, qui a publié une enquête journalistique sur les attentats meurtriers de l’aéroport international Maya-Maya, en 1982, restent dans les esprits. Elle vit dans la clandestinité ou aurait choisi l’exil forcé. L’éventualité de «poursuites judiciaires» contre James Golden Eloué, pour avoir écrit dans les colonnes des Dépêches de Brazzaville que la Fifa avait donné son feu vert à la Fédération congolaise de football pour poursuivre ses activités malgré la condamnation au pénal de trois de ses responsables, en est une autre illustration. Une autre dame, Tressy Kimpembé, de GO TV, serait inquiétée pour ses analyses sur la crise du sport congolais. La liste n’est pas exhaustive. Les journalistes se sont focalisés aussi sur leurs conditions de travail et leur rémunération. Le plaidoyer pour une aide publique de l’Etat instituée par une loi n’est toujours pas formalisé. Salaires dérisoires, certains journalistes vivent à la limite de la dignité, conséquence : pour nombre de professionnels de l’information, «ce qui était une vocation devient un sacrifice. Ce qui était passion devient une lutte». Dans un pays qui se revendique démocratique, la presse congolaise se dit loin du compte. Pourtant le discours officiel proclame qu’on ne construit pas un Etat de droit sans presse indépendante. Mais sur le terrain, la réalité est à nuancer. La liberté de la presse au Congo est un combat quotidien contre l’opacité, contre les pressions et contre l’indifférence.

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