C’est le diplôme le plus emblématique des diplômes du cursus scolaire au Congo. Plus les années passent et plus le Congolais estime que parmi ses mentions scolaires doit forcément figurer le Baccalauréat, le BAC. Mardi dernier se sont ouvertes sur toute l’étendue du pays, les épreuves écrites du Baccalauréat cuvée 2026. Des milliers d’adolescentes et d’adolescents ont pris d’assaut les centres d’examen, avec un fort déploiement de policiers, de sapeurs-pompiers et de professionnels d’encadrement de l’éducation nationale et un contrôle strict.
Le Bac de cette année est organisé dans un contexte sécuritaire particulier. Malgré des mesures assez visibles et parfois spectaculaires, la délinquance juvénile dans les grandes villes n’a pas baissé autant qu’on aurait souhaité. La contrer est aussi causes de nombreux dérapages des forces de l’ordre, de sorte que l’opinion semble divisée entre la volonté d’éradication et le choix de méthodes plus respectueuses. Cette polémique se poursuivra au-delà du Bac de cette année, c’est sûr. Mais restera toujours, intacte, la grosse interrogation sur la valeur de nos diplômes : à quoi servent-ils ?
Dans nos quartiers, les jeunes sont nombreux qui s’assoient sur leur Bac ou même sur des diplômes supérieurs et qui exercent des petits métiers. Ils sont démotivés et déprimés devant l’engorgement de la Fonction publique jadis pourvoyeuse indiscutable et automatique d’emplois. Durant le dernière campagne électorale, le Chef de l’Etat a eu les mots que ces jeunes ne voulaient pas entendre : «La Fonction publique est presque saturée ; prenez-vous en charge ; adonnez-vous à l’entreprenariat». Au cours de cette année aussi, est intervenue la mesure qui impose au député d’être détenteur d’un baccalauréat au minimum. Cela valorise-t-il ce diplôme ou le désigne-t-il comme marchepied social ?
Tout est-il que dans les 300 centres d’examen ouverts cette année pour le Bac 2026 et parmi les plus de 100.000 élèves qui y ont été admis à passer leur examen, sortira le cadre que le Congo attend. C’est une grande responsabilité pour eux et pour nous : parents, fonctionnaires de l’Etat, gestionnaires et politiques de tous types sommes interpellés par une jeunesse de plus en plus nombreuse et de plus en plus diplômée. Nous avons connu une élection présidentielle relativement bien tenue, que le Bac de cette année se passe dans les meilleures conditions et nous aurons marqué un pas de qualité. Mais il ne suffira pas d’organiser une session de Bac «propre», il faudra aussi améliorer le contenu des études des apprenants.
Albert S. MIANZOUKOUTA
