Il ne sera jamais souligné assez que La Semaine Africaine, notre journal, est un pan de l’Histoire du Congo qui se feuillette depuis le 4 septembre 1952. Mais le dire ainsi invite seulement à regarder ses pages jaunies, oubliant qu’un journal n’est rien sans les hommes et les femmes qui le produisent. Au fil des semaines, ils s’emploient à recueillir l’information que vous aimez lire, la mettent en forme, l’illustrent pour qu’elle vous soit agréable à lire.
Parmi ces femmes et ces hommes, il y en a un qui s’est distingué cette semaine. Bernard Mackiza est le premier rédacteur-en-chef laïc congolais de notre journal. Cette année, il a fêté ses 92 ans de vie, un record de longévité insigne surtout sous nos latitudes. Et, pour bien faire, il a publié son premier livre de réflexions sur la presse au Congo, ses perspectives et ses péripéties actuelles ou passées. Il ne s’agit pas de mémoires, mais d’un recueil de ses considérations au travers de réponses suggérées par les questions de Viclaire Malonga.
« Cartes sur table ou le devoir de transmettre » est présenté sous la forme d’une série d’entretiens menés par notre journaliste-maison. Il raconte comment Bernard Mackiza est arrivé à ce métier qu’il magnifie sans hypocrisie venant de l’enseignement, puis les lignes se sont brouillées : il est passé « du plus petit au plus ancien ». La tâche est toujours de répandre le savoir. Ses premiers écrits, sous la forme « pigiste » sont encourageants au point de fonder une revue de liaison pour instituteurs.
Aujourd’hui, Bernard Mackiza émerge de tous ses souvenirs, mais il invite les jeunes consœur et confrères qui l’ennoblissement – avec raison – du titre de « Doyen de la presse congolaise » à se former. Toujours et toujours. Il note aussi que des lacunes dans l’exercice de notre métier existent. Pour les combler, il faut lire, se mettre au courant pour mettre au courant les autres. Bernard Mackiza insiste sur le devoir de transmission qui incombe aux journalistes d’aujourd’hui. Les défis sont nombreux mais tant qu’on observera le devoir de transmettre, des Mackiza essaimeront pour une globalisation du savoir.

Albert S. MIANZOUKOUTA
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Bernard Mackiza, Doyen de la presse congolaise. Cartes sur table ou le devoir de transmettre, Entretiens avec Viclaire Malonga. Ed. Groupe CCEE, Aubagne, mars 2026. Pp 263.

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