Le baccalauréat est passé. Les épreuves écrites ont été conduites et se sont achevées dans le calme. On en est maintenant à la correction des épreuves; et les jeunes futurs bacheliers sont dans l’attente angoissante du verdict. Angoisse ? Oui, parce que, comme nous le disions la semaine d’avant, quelle que soit la considération que nous avons aujourd’hui pour cet examen, il continue de représenter une véritable porte d’entrée dans la vie du Congolais.
Dévalorisé par les nombreux scandales de tricheries, le «Bac» continue de représenter un diplôme valorisant. Les députés congolais estiment que tout député qu’ils sont, il faut ajouter le « Bac » à leur mention. Ne pas l’avoir, c’est comme d’avoir sa voiture sans le permis de conduire. C’est le signe que la posture intellectuelle d’un député au Congo se complète avec l’obtention de ce diplôme de fin de deuxième cycle.
Mais la valeur d’un diplôme s’évalue à la difficulté et à l’effort qu’il faut pour l’obtenir. A la somme de connaissances qu’il exige. La multiplication des cas de tricheries au Bac ; l’entrée de trop nombreux cas de fraude dans les salles d’examen, donnent l’impression qu’il y a chez certains élèves (et chez leurs parents) plus de joie à déjouer la vigilance des correcteurs qu’à obtenir, loyalement, de bonnes notes ! Et le tout, dans la conscience générale que, de toute façon, un diplôme s’obtient ou s’achète.
Jusqu’ici, nous nous persuadions que la triche était un phénomène à combattre ; que son expansion était limitée. Mais des signes montrent l’ampleur et la gravité du phénomène. Les bouts de papier, avec des corrigés de problème à l’examen sont connus. Il s’agit des fameux «bébés lili». Mais il y a plus grave : même aux épreuves d’éducation physique, assure-t-on, les élèves doivent s’acquitter du rituel de graisser la patte au prof, pour avoir une bonne note. Ça s’appelle «beurrer sa carte scolaire». Révoltant !

Albert S. MIANZOUKOUTA

Abonnez-vous à notre bulletin d'information

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici