Par le jeu cyclique des jours qui vont et qui passent, nous nous retrouvons à la veille de célébrer un autre anniversaire de l’indépendance. Nous boirons et nous fêterons au bonheur de notre nation. Nous ferons moultes promesses et libations, les unes plus sincères que les autres. Mais au final, nous nous retrouverons au même point départ : rien n’aura véritablement bougé, sauf le désir de faire comme les autres, de les égaler, de les dépasser. Oui, mais la velléité n’a jamais déplacé les montagnes ni transformé les rases campagnes en prairies luxuriantes et en vergers.
En un mot comme en cent, nous aurons beau répéter les formules les plus saoulantes, il ne se passera rien cette année ni l’année prochaine. On aura beau sautiller sur place et psalmodier des alléluias-amen! aucune goutte ne tombera du robinet. Car il ne s’agit pas de dire, mais de faire. Et chacun là où il est. Il ne faut pas rêver d’un pays transformé par la seule puissance de l’oreiller. Ce serait merveilleux d’accabler les politiques et de se retrouver le lendemain dans une Nation pacifiée et développée.
C’est pourquoi le 15 Août prochain ne sera pas plus vert que celui de l’année prochaine, si nous n’y mettons pas du nôtre ! Il nous faudra nous attacher à la charrue et pousser : c’est ainsi qu’ont fait ceux que nous pouvons considérer comme développés. A trop chanter les comptines d’Alice au pays des merveilles, nous finirons par nous retrouver de simples chanteurs. Or, il nous faut bâtir et mettre du cœur à l’ouvrage. Trop beau ? Rien que des paroles encore ? Commençons déjà par nous convaincre de celles-là.
Albert S. MIANZOUKOUTA
