Le Sénat de la République démocratique du Congo a franchi une nouvelle étape dans le processus de révision constitutionnelle, en adoptant le 15 juin 2026, la proposition de loi fixant les modalités d’organisation d’un référendum. Déjà approuvé par l’Assemblée nationale, le texte ouvre la voie à une consultation populaire susceptible d’aboutir à une réforme en profondeur de la Constitution RD congolaise.
Réunis en séance plénière, les sénateurs ont approuvé le texte à l’unanimité des 89 membres présents sur les 109 que compte la Chambre haute de la RD Congo. Plusieurs modifications ont été introduites, notamment en ce qui concerne la composition de l’Assemblée constituante appelée à examiner les futures réformes. Contrairement à la version adoptée par les députés, les conseillers communaux ont été exclus de cette instance, qui sera désormais composée de sénateurs, de députés nationaux et de représentants des Assemblées provinciales.
Si la majorité présidentielle présente l’initiative comme une opportunité de moderniser les institutions et d’adapter la loi fondamentale aux réalités actuelles du pays, l’opposition y voit une démarche, un stratagème aux conséquences potentiellement déstabilisatrices. Plusieurs leaders politiques redoutent qu’une révision constitutionnelle serve à remettre en cause la limitation du nombre de mandats présidentiels, ouvrant ainsi la voie à une éventuelle candidature du président Félix Tshisekedi au-delà des dispositions actuelles.
Cette perspective nourrit un climat de méfiance déjà perceptible dans plusieurs régions du pays. Les tensions se sont manifestées ces derniers mois à travers des manifestations et des affrontements entre militants de l’opposition et forces de l’ordre. Dans certaines villes, des rassemblements hostiles à toute modification de la Constitution ont dégénéré en émeutes, occasionnant des destructions de biens publics et privés ainsi que plusieurs interpellations.
Pour de nombreux observateurs, la volonté de toucher à la Constitution dans un contexte politique aussi sensible comporte des risques importants. En RDC, les débats autour des mandats présidentiels et des réformes institutionnelles ont souvent été à l’origine de crises politiques majeures, parfois marquées par des violences meurtrières. En persistant dans cette voie sans consensus national, les autorités pourraient accentuer les fractures politiques et sociales, au risque de replonger le pays dans une période d’instabilité alors que les défis sécuritaires et économiques demeurent considérables.
Le texte doit désormais poursuivre son parcours institutionnel, mais le débat sur l’avenir de la Constitution actuelle apparaît comme l’un des sujets les plus explosifs de la vie politique nationale.
Gaule D’AMBERT







