Le ministère de l’Economie forestière a tenu, du 29 au 24 juin 2026, à l’hôtel Saint-François De Paule de l’ACERAC, à Brazzaville, un atelier national d’auto-évaluation sur la capacité et l’efficacité de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages et aux forêts, dans le cadre du projet Global United Action to Reduce and Dismante Wildife Crime (GUARD).
Cet atelier a eu pour but de conduire une évaluation nationale à travers le cadre d’indicateurs du Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages et aux forêts de ICCWC (Consortium international pour combattre les crimes fauniques).
Le projet est mis en œuvre par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), avec l’appui de la Fondation Aspiral et de Conservation Justice, grâce au financement de l’Union européenne. Les travaux ont été ouverts par le Dr Roger Albert Mbeté, conseiller à la conservation de la biodiversité, à la lutte anti braconnage et à la promotion des activités génératrices de revenus, de la ministre en charge des forêts, en présence de Mme Tiffany, coordonnatrice régionale au Congo et au Gabon du projet GUARD et Assane Dramé, coordonnateur régional de l’Afrique de l’Ouest et du Centre de l’ONUDC, basé à Yaoundé au Cameroun.
La rencontre a réuni plus d’une trentaine de participants venus de l’administration forestière, des services de sécurité, de la justice, des douanes, des organismes spécialisés, des organisations de la société civile et des organisations partenaires de conservation. Pendant deux jours, les participants ont analysé cinquante indicateurs couvrant huit domaines stratégiques, notamment le cadre législatif, les poursuites judiciaires, les capacités d’enquête, la coopération internationale, le contrôle aux frontières, le renseignement financier et le renforcement des capacités institutionnelles. Les conclusions de cette auto-évaluation permettront d’identifier les forces et les lacunes du dispositif national, d’élaborer un plan préliminaire de renforcement des capacités et disposer d’une base de référence pour mesurer les progrès à accomplir dans les années à venir.
A l’ouverture de l’atelier, Assane Dramé a réaffirmé l’engagement du Congo en faveur de la biodiversité. La République du Congo, a-t-il dit, « abrite une partie essentielle du Bassin du Congo, deuxième plus grande forêt tropicale du monde. Ce patrimoine naturel constitue, non seulement une richesse écologique d’importance mondiale, mais également un actif stratégique pour le développement durable, de la stabilité économique et du bien-être des communautés. Cependant ces ressources font aujourd’hui face à des menaces croissantes, le trafic d’espèces sauvages, l’exploitation illégale des ressources forestières, la corruption, le blanchiment des capitaux et d’autres formes de criminalité au plan international qui continuent de fragiliser les institutions, d’affecter les ressources publiques et de compromettre les efforts de conservation et de développement. C’est pour répondre à ces défis que le Consortium international de lutte contre la criminalité a développé ce cadre d’auto-évaluation permettant aux Etats de mesurer leurs capacités nationales de prévention, de détection, d’enquête, de poursuite et de sanction ; des infractions liées aux espèces sauvages et aux forêts. Le Congo a pris un engagement constant en faveur de la protection de son patrimoine et du renforcement de l’Etat de droit ».
Pour le Dr Roger Albert Mbété, « le trafic des espèces de faune et flore sauvages est devenu la quatrième menace universelle après le terrorisme, le trafic des stupéfiants et des êtres humains ». Il menace dangereusement la paix, la sécurité et l’intégrité des Etats. « Face à ce fléau, aucune institution ne peut agir seule. Le Gouvernement, par l’entremise du ministère de l’Economie forestière, a donc sollicité un appui conséquent de l’ONUDC pour la mise en œuvre effective du cadre d’indicateurs du Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages et aux forêts », a-t-il déclaré.
Les travaux ont été clôturés par Roland Wylfrid C’kouayoukou, magistrat, conseiller administratif et juridique de la ministre de l’Economie forestière.
Le projet GUARD Wildife vise à réduire le trafic international d’espèces sauvages et de produits forestiers en ciblant les réseaux criminels organisés.
Philippe BANZ







