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«Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux : un temps pour naître, et un temps pour mourir», dit l’Ecclésiaste. Aussi, un temps pour créer un parti politique et un temps pour renoncer à ce parti. Pourrait-on dire du feuilleton qui défraie la chronique au Club 2002-PUR.

Créé le 30 janvier 2002, en tant qu’association politique, le Club 2002 qui s’est mué en parti politique pour devenir le Club 2002-PUR (Parti pour l’Unité et la République), le parti s’est imposé dès ses débuts comme un mouvement de rassemblement, prônant l’unité nationale et promouvant des valeurs telles que la paix, la cohésion sociale et le vivre-ensemble.
Né dans le contexte d’une période d’après-guerre, le club 2002 avait pour seule ambition de défendre les idéaux et les actions du Président de la République, Denis Sassou-Nguesso. Il n’a jamais visé la magistrature suprême.
Durant les 24 ans de son existence, le parti a connu des péripéties, des erreurs, des échecs et des succès heurtant parfois certaines sensibilités idéologiques voire certains de ses cadres appelés lors des scrutins législatifs à se retirer de la course pour soutenir les candidats du PCT.
Refusant d’être un goulot au pied d’argile, le Club 2002-PUR, dès sa première année de création faisait peur avec des présences dans les deux chambres parlementaires et dans tous les conseils locaux du pays. Mais très vite, cet espoir s’est étiolé laissant place à la désillusion et au désespoir. Le parti a commencé à s’effriter, enregistrant par la même occasion, de nombreux départs.
D’ailleurs, lors de son toast prononcé au cours du 10ème anniversaire du Club 2002-PUR, le 30 janvier 2012, Guy Wilfrid César Nguesso rendait ainsi un vibrant hommage à tous ceux des camarades qui, pour des raisons quelconques, ont quitté le parti. A l’endroit de ceux qui ont fait le libre choix de demeurer au parti, il leur a, simplement, fait savoir que c’est grâce à leur fidélité et soutien que le parti a maintenu le cap.
Le 15ème anniversaire était plutôt célébré dans la sobriété sans la présence de Guy César Wilfrid Nguesso. En effet, le 30 janvier 2014, dans la salle polyvalente de l’hôtel Atlantic Palace de Pointe-Noire, lors de la cérémonie de la célébration du douzième anniversaire du parti, Guy César Wilfrid Nguesso, président fondateur, après avoir retracé l’historique du parti, a surpris tous ses militants pour son choix d’appartenir désormais au Seigneur et non au parti: «A un moment donné dans la vie, il faut savoir faire le choix. Et moi, je pense que le choix le plus important de ma vie, c’est de servir le Seigneur, puisqu’il m’a appelé. Je pense que pour moi, c’est plus important que le reste. Le salut, la couronne de la vie éternelle ont du prix pour moi», avait-il déclaré.
Suite à cet appel, selon lui, reçu Dieu, de servir au Ministère pastoral, il avait décidé de dissoudre son parti. Le Club 2002-PUR était devenu plus que l’ombre de lui-même. Des dysfonctionnements internes étaient d’ores et déjà constatés dans son fonctionnement. «Je pense que le parti a joué son rôle tel que Dieu le voulait. Le même qui, hier, m’a demandé de le créer, le même Dieu m’appelle à cesser toutes activités politiques et à être à son service», avait-t-il déclaré
Guy Wilfrid César Nguesso annonçait qu’un congrès devrait être organisé en juin 2014 pour acter cette dissolution. Hélas, il n’a jamais été tenu et le parti a continué à exister sous la conduite de Juste Désiré Mondélé, son secrétaire général.
Au cours de la conférence de presse qu’il a animé pour faire le bilan des 15 ans d’existence du parti, Juste Désiré Mondelé, a dit que «le Club 2002-PUR lorsqu’il a été créé, ce n’était pas dans le but d’un partage de postes ou d’intérêts quelconques. C’était le regard fixé vers l’avenir, le développement du pays. Tous les partis politiques qui soutiennent un candidat ne sont pas tenus d’être au gouvernement. Ce n’est pas le nombre des ministres dans un gouvernement qui caractérise la bonne santé d’un parti. Ce n’est pas ça qui est important pour le Club. On ne peut pas qualifier et quantifier le Club à un parti de gouvernement. Le plus important, nous travaillons, on continue à travailler pour le peuple, d’aller vers lui, de l’écouter, de corriger là où il faut», tout en reconnaissant qu’on crée un parti pour conquérir le pouvoir.
En s’écartant du parti sans l’avoir quitté réellement, Guy César Wilfrid Nguesso assurait désormais la fonction du président du conseil de surveillance, jusqu’à son retour effectif en politique comme sénateur élu à Pointe-Noire, et président d’une commission permanente du Sénat.
La cohabitation entre le secrétaire général et son président ne tenait plus que sur un fil. Le congrès en préparation n’est que l’arbre qui cache la forêt. Le départ de Juste Désiré Mondélé semble être un coup de massue pour l’ensemble des militants et sympathisants qui ne s’y attendaient pas. Ils ont été pris de court. Une vraie réponse du berger à la bergère.

KAUD

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