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L’annonce par la présidence sénégalaise lundi, du soutien officiel de la candidature de l’ancien président Makhy Sall au poste de Secrétaire général de l’ONU crée une réelle surprise. Il y a une semaine, les mêmes autorités sénégalaises avaient affirmé qu’elles ne soutiendraient aucunement cette initiative solitaire. L’ancien chef de l’Etat ne s’était pas concerté avec elles pour lancer sa candidature. Preuve : ce n’est pas le Sénégal qui a présenté la candidature de l’ancien président, mais le Burundi. Au nom de l’Union Africaine.
Au départ, Dakar expliquait sa réticence par l’atmosphère de départ de la présidence par l’ancien président : faux en écriture budgétaire, dissimulation de l’ampleur de la dette et, surtout, assassinat de militants de l’opposition expliquaient les relations tendues entre les deux parties. Mais voilà que l’atmosphère a changé subitement, et que Makhy Sall se voit déployer le tapis rouge au palais, à Dakar. Mais au palais seulement, parce que le duo de tête au Sénégal, la présidence et l’Assemblée nationale, jadis unies, se sont muées en oppositions à couteaux tirés. Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko ne se parlent plus. En décembre, ils avaient pourtant conquis le pouvoir ensemble.
Que va-t-il se passer maintenant au Sénégal : la rivalité à la tête de l’Etat va-t-elle coûter sa conquête de prestige à Makhy Sall ? Le Sénégal, toujours un cran d’avance sur l’harmonie démocratique, va-t-il ramener le curseur de la normalité politique? La nation va-t-elle se resouder autour des personnalités politiques en profonde rivalité? Ce serait la première fois en Afrique que l’exécutif d’un pays décide d’enterrer la hache de guerre pour privilégier l’idéal d’une nation, en exaltant un ancien président. A suivre.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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