Le 24 juillet 2025, Yamina Benguigui, cinéaste franco-algérienne, a dévoilé son documentaire «Rumba congolaise: les héroïnes» lors du Festival panafricain de musique (FESPAM) à Brazzaville, en présence du Chef de l’État, Denis Sassou-Nguesso.

Produit par Canal+, ce film de 60 minutes explore l’évolution de la rumba tout en mettant en lumière le rôle essentiel des femmes, souvent oubliées, qui ont contribué à sa richesse. Ce moment de mémoire et de reconnaissance a été présenté en avant-première dans le cadre du FESPAM.
Yamina Benguigui met en avant un véritable hommage aux voix féminines du passé et d’aujourd’hui pour raconter une autre histoire de la rumba. «On a cité tous les hommes… et pas une seule femme», a-t-elle souligné.
Le documentaire mêle des images d’archives, des scènes contemporaines et des témoignages émouvants d’icônes, rendant hommage aux pionnières invisibles de la rumba congolaise. Lucie Eyenga, par exemple, fut la première femme à chanter à la radio en 1954 et à intégrer l’African Jazz. «Elle est morte dans le plus grand dénuement, oubliée. Ce n’est pas acceptable», déplore Benguigui, qui mentionne également d’autres artistes comme Marcelle Ebibi, Martha Badibala, Marie Bella, M’pongo Love, Tshala Muana et Abeti Masikini.
Le film illustre également le rôle de la rumba comme forme d’expression populaire et de résistance douce, dénonçant les oppressions coloniales et politiques, tout en valorisant les langues locales et en portant des revendications implicites. Il explore les dynamiques entre culture, politique et société, montrant comment cette musique populaire devient un vecteur d’émancipation, d’unité nationale et même d’influence diplomatique.
Pour la ministre de l’Industrie culturelle, Lydie Pongault, ce film représente une transition réussie entre les héroïnes d’hier et celles d’aujourd’hui.
Après la projection, le public a pu apprécier sur scène des performances de Barbara Kanam, Mbilia Bel, Faya Tess et Mariusca. Canal Olympia s’est transformé en un véritable village de la rumba, attirant un public enthousiaste pour célébrer la rumba féminine.

KAUD

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