Nous abordons la dernière partie de ce que nous avons intitulé «l’enfance du jeune Emile Biayenda», rédiger à sa propre main. «Le samedi 15 avril, je me trouvai à destination. Je pris contact avec les connaissances pendant quatre jours et le mercredi 19 avril, je pris de nouveau le train avec mes amis séminaristes pour entrer à Mbamou. Le jour si longtemps attendu était enfin arrivé. Ce fut le jeudi 20 avril 1944 à 17 heures et demi que je mis pied pour la première fois à Mbamou. Tout me parut beau, mais la rudesse du règlement du séminaire m’effraya. Les révérends pères Ramaux et Jean-Marie Morvan (mon baptiseur) et tous les séminaristes nous abordèrent et nous souhaitèrent la bienvenue. Le séjour allait durer jusqu’au 15 juillet 1950, date de notre fin du petit séminaire avant notre entrée au grand séminaire Libermann du Djoué le 12 octobre 1950. La fin du grand séminaire aura lieu en juin 1958 et l’entrée dans le ministère en paroisse à Sainte Marie de Ouenzé, le 15 septembre 1959.
La retraite avant le diaconat du dimanche 29 septembre au 6 octobre 1958.
Cette retraite doit me préparer à l’étape définitive du Sous-diaconat. Elle doit être un temps de recueillement, de la considération de la divine bonté de Dieu sur moi; elle doit m’aider à remercier le bon Dieu pour tout ce qu’il a fait pour moi. Il me faut dans le silence contempler le Christ et me convaincre de la nécessité de l’imiter en tout s’il me faut être son instrument dans son Eglise et au milieu des âmes.
Attitude à prendre
Confiance filiale au bon Dieu et calme devant les appréhensions qui ne peuvent manquer de se faire par-devant une option de ce genre. Ce qui perd les âmes et beaucoup de prêtres, ce n’est guère le manquement à la pureté, mais l’orgueil. Quand on est humble, quand on ne compte que sur Dieu seul, on peut être sûr de rester fidèle à son sacerdoce. «Mon Dieu, et vous la très Sainte Vierge Marie, aidez-moi, assistez-moi, Saint Michel Archange et tous les élus priez pour nous. Seigneur, vos bienfaits du passé sur moi-même et sur les miens: la vocation de ma sœur, le baptême de Papa et la paix qui se rétablit dans la famille me donnent le ferme espoir de votre constante assistance dans mes jours a venir pourvu que ma confiance et mon abandon entre vos mains augmentent toujours». Beaucoup prient pour moi en ce moment. «Merci mon Dieu! Bénissez-les et daignez accepter mes pauvres actes et mes pauvres prières qu’en retour je vais faire à leur intention durant cette retraite et tout mon sacerdoce».
Laetus obtuli universa!
«Hoc enoù sentite in vobis quod et in Christo Jesu» Phil. 2,5
L’obligation d’un renoncement total. Aimer dans mes oraisons, à revenir sur les points de ressemblance que Jésus veut trouver entre sa vie et la mienne, et en particulier sur les leçons d’abnégation et de renoncement qu’il me donne. Apprendre à ne pas reculer devant les petites croix dont mes journées seront de plus en plus remplies.
La recherche de Dieu
Bâtissons sur du roc et non sur du sable. Ayons une dévotion solide basée sur le bon Dieu et non pas sur de la sentimentalité. Vie toute dépendante de Dieu; rapports vrais avec Lui. Que cette retraite nous renouvelle. Considérons ceux qui sont près de nous, ceux qui nous parlent à travers Dieu Lui-même. Pensons à Jeanne d’Arc, à Sainte Marguerite Marie humbles filles auxquelles le Seigneur daigna confier son message. Le Christ a besoin de prêtres, de saints prêtres pour en faire ses instruments dociles. Pour cela, franchise attachement indéfectible à ce que nous savons visiter. Le Christ s’approche des prêtres qui le craignent parce que trop grand. Il s’est au contraire éloigné des Pharisiens, des prêtres trop sûrs de leur suffisance. Ceux qui veulent garder leur cadre, leur mentalité ne peuvent accueillir le Christ. Demandons à Notre Seigneur de nous laisser pénétrer par Lui. Soyons humbles comme le publicain de l’évangile. Laissons-nous, nous engager par le Christ à sa vigne. Evitons la tristesse. Faisons confiance au Christ. Il sait, lui notre faiblesse et tant que durera notre confiance. Il ne nous abandonnera jamais».
Pascal BIOZI KIMINOU







