Homme d’Etat, ancien président de l’Assemblée nationale sous Alphonse Massamba-Débat, ministre sous Marien Ngouabi et sous Pascal Lissouba, André Georges Mouyabi est décédé jeudi 18 septembre 2025 en France, à l’âge de 90 ans. Veuf depuis 2015, il bénéficiait jusqu’ici des soins de ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants.
André Georges Mouyabi a vu le jour en 1935 à Ditadi, dans le district de Loudima (département de la Bouenza). Né de Paul Kitsoro et de Madeleine Kibouilou, il fait ses études primaires à Mouyondzi, toujours dans la Bouenza. Avant de les poursuivre au Collège moderne de Dolisie, Mbounda (département du Niari), puis au lycée Léon Mba de Libreville, au Gabon. Là-bas, il embrasse la carrière d’enseignant après sa formation à l’Ecole normale de Mitzic. De 1957 à 1960, il assume la fonction de directeur d’école à Lastourville, puis à Okondja.
De retour au Congo, il fréquente, de 1960 à 1962, le Centre d’études administratives et techniques de Brazzaville (section Pédagogique sciences). Il s’envole ensuite pour Saint Cloud, en France, où il est envoyé aux études à l’Ecole normale supérieure, notamment au Centre audio-visuel, de 1962 à 1963. Revenu au Congo, il occupe, du 1er octobre 1963 au 15 mars 1965, le poste de responsable de la section audio-visuelle du Centre de documentation et de recherche pédagogique. Elu député de Madingou, Loutété et Mfouati, il est ensuite nommé commissaire du gouvernement (préfet) à Dolisie, focntion qu’il exerce du 15 mars 1965 au 10 mai 1966.
Elu président de l’Assemblée nationale le 10 mai 1966, il quitte ses fonctions le 1er août 1968, après la dissolution de l’institution par le président Massamba-Débat, suite à une crise politique. A la création du Conseil national de la révolution (CNR), le 5 août 1968, présidé par Marien Ngouabi, il assume les fonctions de secrétaire permanent du Directoire, nouvelle direction politique du pays. Ambassadeur itinérant de février à décembre 1969, il occupe la fonction de directeur général de l’Hôpital général de Brazzaville de mai 1970 à juillet 1971. De février 1972 à août 1973, il est directeur des Affaires administratives et financières au ministère de l’Enseignement.
Au sein de l’exécutif, il siège d’abord le 27 août 1973, lorsque le président Marien Ngouabi le nomme ministre de l’Industrie et des mines dans le gouvernement du Premier ministre Henri Lopes, puis lors du remaniement, le 9 janvier 1975, où il est ministre de
l’Urbanisme et de l’habitat chargé de l’Environnement, jusqu’au 18 décembre 1975. Il y siège de nouveau du 31 août au 25 décembre 1992, lorsqu’il est ministre de la Fonction publique et des réformes administratives dans le gouvernement du Premier ministre Maurice Stéphane Bongo-Nouarra, sous la présidence de Pascal Lissouba.
André Georges Mouyabi a exercé de nombreuses autres fonctions importantes, et avait les qualités de manager et de leader. Courant décembre 1989, il fonde, en compagnie de certains camarades, tels Jean Michel Bokamba Yangouma, Ange Edouard Poungui, un parti politique dénommé Union pour le progrès social et la démocratie (UPSD) dont il est élu président. A l’occasion de la Conférence nationale souveraine, de février à juin 1991, il est fait conseiller de la République, l’équivalent de député à l’Assemblée nationale de Transition dite Conseil supérieur de la République.
En 1996 il retrouve la fonction de conseiller spécial du chef de l’Etat, jusqu’au 15 octobre 1997 qui marque la fin du règne de Pascal Lissouba et le retour aux affaires de Denis Sassou-Nguesso. En 1998, il intègre l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) en qualité de membre du Bureau politique. Très vite il prend la résolution de céder la place et de donner la chance à la jeunesse pour se consacrer à sa famille.
André Georges Mouyabi a consacré son énergie et une bonne partie de sa vie à sa nation qu’il a servie avec abnégation, dans l’humilité et l’intégrité morale. Il a été, à l’instar de bien d’autres dignes fils du Congo, un patriote, un modèle d’homme d’Etat. Veuf, il était père de 10 enfants, grand-père et arrière-grand-père de plusieurs descendants.
Aristide Ghislain
NGOUMA







