C’est au nom du Premier ministre que la ministre de l’Economie forestière, Rosalie Matondo a lancé le vendredi 5 décembre 2025, à Brazzaville le module de fiscalité du système informatisé de vérification de la légalité du bois (SIVL). En présence du ministre des Finances, du budget et du portefeuille public, Christian Yoka et du chargé d’affaires par intérim de la Délégation de l’Union européenne (UE) au Congo, Nilson Torben.

Le Congo a signé le 17 mai 2010 avec l’UE l’accord de partenariat volontaire sur l’application des réglementations forestières, la gouvernance et les échanges commerciaux (APV-FLEGT).Le SIVL intègre bien ce cadre.
En matière de fiscalité forestière, le SIVL est désigné dans les lois de finances du Congo depuis 2022 comme un outil des déclarations aux revenus des activités du secteur forestier. C’est dans ce contexte que le module de fiscalité a été conçu. Il s’agit d’un système qui vise à simplifier les procédures fiscales, à redorer la transparence et à renforcer la sécurité juridique.A travers ce module, le Gouvernement se dit déterminé à créer un environnement fiscal plus transparent, plus simple et plus sécurisé.

Le SIVL est constitué de 17 modules, regroupé en trois composantes : la fiscalité, la traçabilité et la légalité. Il faut retenir que la composante fiscalité concerne la captation des taxes forestières.
Au delà de la dimension institutionnelle, a dit le directeur des systèmes d’information (DSI) au ministère des Finances, Kena Elenga Ngaporo, le SIVL « est un système informatique robuste, conçu pour accompagner durablement la transformation digitale de l’Etat.Ce module de fiscalité va permettre de suivre chaque lot de bois depuis la forêt jusqu’à l’exportation. Un module capable de générer, calculer et contrôler les obligations financières. Ceci dans ce but : seul le bois légal entre dans la chaîne de traçabilité », a-t-il expliqué.

Entièrement hébergé au Congo, dans les data center du ministère des Finances à Brazzaville et à Pointe-Noire, le SIVL fonctionne en interconnexion avec toutes les directions générales du ministère des Finances et les systèmes des opérateurs forestiers.« Ce module répond à une priorité nationale qui est la sécurisation et la modernisation des ressources publiques », a renchéri le directeur des systèmes d’information.
Le représentant de la délégation de l’UE, Nilson Torben a signifié que l’aboutissement de ce module est la preuve de la maturité et de l’efficacité du partenariat forêt qui lie l’UE au Congo. La légalité n’est plus une option, mais une obligation technique et juridiquement contrôlée », a-t-il dit.
Le ministre des Finances a, quant à lui, estimé que le SIVL est « un véritable levier de modernisation de l’administration publique. Son interconnexion progressive avec les systèmes financiers nationaux permettra de suivre en temps réel les notifications de paiement, les taxes collectées et l’ensemble des flux financiers liés au secteur forestier », a-t-il dit. Cette innovation renforce de manière significative la sécurisation des recettes de l’Etat, la transparence des opérations et la rationalisation de la dépense publique, objectif essentiel pour la consolidation de nos finances publiques, a rappelé le ministre Christian Yoka.

En lançant ce module, la ministre Rosalie Matondo a remercié la Délégation de l’UE pour son appui à la modernisation de la gouvernance forestière et la transformation de l’économie nationale.
Elle a plaidé pour une réforme de la nomenclature budgétaire, visant à refléter toutes les sources de revenus générés par le secteur forestier tant fiscal que parafiscal. « Notre objectif est clair : visibiliser, mesurer et valoriser la contribution réelle du secteur forestier au budget de l’État, afin de soutenir les politiques publiques de notre pays », a déclaré la ministre de l’Economie forestiere.
L’avenir de la forêt congolaise passe par la légalité, la transparence et désormais par la digitalisation.
E.M.-O.

