Le 20 septembre 2025, l’Opposition congolaise de l’intérieur, regroupant quelques plateformes politiques telles que l’Alliance pour la République et la Démocratie (ARD) présidée par Mathias Dzon, et le Rassemblement des Forces du Changement (RFC), dirigé par Clément Miérassa, a tenu une conférence de presse sur l’actualité politique nationale et l’élection présidentielle prévue en mars 2026. Étaient notamment présents: MM. Victor Oniongo, Joseph Ouabari et Jean Pierre Agnangoye.
Les intervenants ont sévèrement critiqué le pouvoir en place, qu’ils accusent d’avoir plongé le pays dans une crise multiforme. «Le bilan de ce règne est catastrophique dans tous les domaines de la vie nationale. Tous les indicateurs sont au rouge», ont-ils affirmé dans une déclaration lue par Roussel Dalin Ngamba, acclamée par les militants et sympathisants.
Pour l’opposition, la société congolaise est aujourd’hui minée par une grave crise des valeurs, marquée par le culte de l’argent facile, le goût immodéré du luxe, la délinquance financière, la corruption, l’enrichissement illicite, les détournements de fonds publics, l’appropriation personnelle du patrimoine de l’Etat, les assassinats gratuits, les crimes rituels, la boulimie sexuelle, etc.
Elle estime que «les tenants du pouvoir sont gangrenés par le virus de l’argent facile et le cancer de la corruption. Ce qui les préoccupe, c’est uniquement le pouvoir et les avantages matériels qu’il procure. Le slogan enchanteur: tout pour le peuple et rien que pour le peuple, n’est qu’un mensonge; leur véritable devise est: au bec le plus prompt, le jabot le mieux rempli».
Sur le plan politique, ces leaders estiment que l’État-PCT a transformé la République en une monarchie, voire une «épicerie familiale», en violation de la Constitution qui prévoit une séparation claire des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. «Le Président de la République a concentré ces trois pouvoirs entre ses mains»; Il est également président du Conseil supérieur de la magistrature, ce qui constitue une incompatibilité. «On ne peut pas appartenir à la fois au pouvoir exécutif et judiciaire».
Ils ont souligné que le Président de la République est également le président du comité central du PCT, une violation de l’article 80, alinéa 2 de la Constitution, qui stipule que le mandat du Président de la République est incompatible avec toute autre responsabilité dans un parti politique.
De plus, ils ont dénoncé la transformation du Parlement en simple caisse d’enregistrement des décisions exécutives. «L’État est géré de manière patrimoniale. Le pouvoir est familiarisé. Il n’y a plus d’État», ont déclaré les leaders de l’opposition, qui ont également critiqué la violation des libertés individuelles et collectives ainsi que des droits humains. «La voix alternative est muselée. L’opposition est persécutée, sous surveillance policière étroite, et accusée de complots imaginaires; certains de ses leaders sont arrêtés et emprisonnés, d’autres enlevés et séquestrés dans des lieux inconnus. Aujourd’hui, toute manifestation pacifique de l’opposition est assimilée abusivement par le pouvoir à des troubles à l’ordre public ou à un complot visant à renverser le pouvoir en place. Les vrais opposants politiques sont menacés de mort», ont-ils affirmé.
Ces leaders, paraphrasant le Chef de l’État, ont rappelé ses propos tenus lors d’un meeting sous la présidence de Pascal Lissouba: «Lorsque la Constitution est violée, aucun patriote ne doit l’accepter».
Ils considèrent que la mauvaise gestion des affaires publiques par l’État-PCT a ruiné le Congo, plongeant son peuple dans une situation sociale désastreuse. «Cette mal-gouvernance généralisée a conduit à l’effondrement de l’économie nationale, la faillite financière, l’épuisement des réserves de change, et l’insécurité pour les citoyens congolais».
Ils affirment que le mal du Congo est l’État-PCT, et que «le temps est venu d’arrêter la marche du Congo vers le chaos». Ces leaders ont demandé au Gouvernement d’«annuler toutes les décisions prises de manière unilatérale et illégale dans le cadre des préparatifs des élections présidentielles de 2026 et de convoquer immédiatement un véritable dialogue politique national inclusif pour réformer en profondeur le système électoral en place depuis 2002».
L’opposition insiste sur le fait que si les conditions d’une élection libre, transparente et crédible ne sont pas réunies, «le peuple congolais doit prendre ses responsabilités». Elle appelle le pouvoir à «revenir à la raison et à mettre fin au désordre électoral qu’il a créé et qu’il entretient actuellement». Elle critique également l’arrêté du ministre de l’Intérieur du 7 août 2025, qui fixe la période de révision des listes électorales et du premier tour de l’élection présidentielle de mars 2026 sans annoncer la date du deuxième tour, affirmant que tout est déjà joué, et que pour le ministre il n’y aura qu’un seul tour. «Ce sera un coup K.O. Les jeux sont faits. La messe est dite. Il va se déclarer vainqueur à l’issue du premier tour», ont-ils déclaré.
Clément Miérassa a déclaré qu’ils ne toléreront pas l’organisation d’élections illégales dans le pays. Il a affirmé: «Dans une dictature, il est impossible de tenir des élections libres, transparentes, crédibles et apaisées». Selon lui, depuis 2002, le Président de la République et le PCT enfreignent la Constitution. Il a précisé que le PCT n’est pas en conformité avec la loi et devrait être sanctionné, tout comme l’UPADS, l’UDH-Yuki et l’APC, le parti politique du conseiller politique du Chef de l’État, Rodrigue Malanda. Clément Miérassa a également noté que le Président n’a jamais déclaré ses biens. «Il veut aller dans à la présidentielle dans l’illégalité. Il devrait être disqualifié, parce qu’il n’est pas en conformité avec la loi. Dans un pays démocratique, il ne pouvait pas être candidat».
Il a appelé à la non-violence: «Les Congolais ne veulent pas de morts pour un pouvoir qui profite à une petite minorité et qui les enfonce dans la misère et la souffrance. Nous avons assez souffert des fraudes électorales, et le Congo n’appartient à personne». Il a souligné qu’il existe une opposition au pouvoir ainsi qu’une opposition au sein du pouvoir.
Concernant l’économie, Mathias Dzon a expliqué qu’il est interdit, dans la zone franc, de dépasser 70 % de PIB pour la dette globale. Or, «Le Congo est à 99 %. Nous exportons du pétrole, alors pourquoi manquons-nous de réserves de change internationales? Pour payer nos exportations, nous sommes parfois contraints de nous endetter ou de compter sur la solidarité de la zone franc. Ce n’est pas sérieux. Le Congo est dans une impasse totale; nous ne pouvons pas organiser d’élections. L’avenir de nos enfants est compromis. Les résultats sont déjà connus»,a-t-il dit.
KAUD







