Halima, la fille cadette de l’ancien président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, a été arrêtée mardi 30 septembre 2025 à Paris, en France, à la demande des autorités tunisiennes, selon une source judiciaire. Mercredi, précise cette même source, elle devait être présentée «au parquet général pour notification de la demande d’arrestation provisoire» émise par les autorités tunisiennes, puis «devant le conseiller délégué pour statuer sur son placement sous écrou extraditionnel ou sous contrôle judiciaire».
Il y a un temps pour tout! Il y a un temps pour ses «enfants intouchables», ses «demi-dieux» qui surtout en Afrique pensent que le règne de leurs pères est éternel. Et qui oublient qu’après le palais il y a une vie, comme il y en a eu avant. Son avocate Samia Maktouf précise que la trentenaire avait déjà été arrêtée à la demande de la Tunisie en 2018 en Italie, mais qu’elle avait obtenu sa libération.
Si le motif exact de la demande de Tunis pour l’arrestation n’a pas encore été précisé, on annonce qu’une audience devant la chambre de l’instruction de la Cour d’appel, compétente en matière d’extradition, aura lieu «ultérieurement». L’avocate a dénoncé que «ma cliente est victime d’une chasse à la femme déclenchée par la Tunisie, d’un acharnement sans précédent». Selon elle, Mme Ben Ali fait l’objet d’une notice rouge Interpol émise par la Tunisie pour des accusations de détournements de fonds.
«Ma cliente n’a jamais commis de crime ou de délit et a quitté la Tunisie alors qu’elle était encore mineure, à 17 ans», assure l’avocate, qui explique qu’«on cherche à se venger de l’ancien chef de l’Etat, son père, à travers elle». L’avocate explique qu’Halima Ben Ali vit et travaille à Dubaï et allait prendre l’avion pour y retourner après un séjour à Paris lorsqu’elle a été interpellée à l’aéroport. Elle craint «un lynchage» si sa cliente est extradée en Tunisie.
Me Maktouf annonce qu’elle va faire un «signalement» au ministre de l’Intérieur sur les conditions de l’interpellation, au cours de laquelle une policière franco-tunisienne, ayant reconnu la fille de Ben Ali, l’aurait prise à partie et traitée publiquement de «voleuse».
Chassé du pouvoir par la rue, Ben Ali avait fui son pays le 14 janvier 2011, après 23 ans au pouvoir à l’issue d’une révolte populaire déclenchée par l’immolation par le feu en décembre 2010 d’un vendeur ambulant de Sidi Bouzid (Centre-ouest), excédé par la pauvreté et les humiliations policières. Il était parti avec sa seconde épouse Leila Trabelsi, l’une des personnalités les plus honnies de Tunisie, leur fille Halima et leur fils Mohamed Zine El Abidine. L’ancien autocrate a passé les huit dernières années de sa vie en exil en Arabie Saoudite.
Aristide Ghislain
NGOUMA
