26.2 C
Brazzaville
mercredi 18 février 2026 | 04:57
AccueilSociétéJUSTICE POPULAIRE : Les exécutions sommaires en inquiétante augmentation au Congo

JUSTICE POPULAIRE : Les exécutions sommaires en inquiétante augmentation au Congo

Les organisations de la société civile luttant pour la défense des droits de l’homme, sous la direction du Centre d’actions pour le développement (CAD), ont tenu une conférence de presse le 12 mai 2023 à Brazzaville. Elles se sont dites indignées face à la pratique devenue routinière de la torture et les exécutions sommaires. C’est Trésor Nzila Kendet, directeur exécutif du CAD, et Joe Washington Ebina, président de la Fondation Ebina, en présence des familles des victimes qui ont pris part à cette conférence de presse.

Dans la note de situation présentée, les orateurs sont revenus sur les faits imputés à la Force publique qui défraient la chronique. Ils ont rappelé que le droit international et le droit congolais interdisent de faire subir des actes de torture ou des exécutions sommaires à des suspects, quelles que soient les circonstances. Aphie Guelor Nkouka est décédé le 13 février 2023 sous l’effet de la torture après son passage au commissariat de Kibeliba, à Talangaï. Pela Salem Aish a été exécuté par la police en public au mois de mars 2023 dans le cimetière du quartier Kinsoundi, à Makélékélé, et Eris Heloussala a été exécuté également par la police dans la nuit du 24 au 25 mars 2023 dans la cour de l’école primaire de Poto-Poto.
«L’impunité se solidifie et semble devenir la norme. Le Gouvernement s’illustre par son inaction. Nous assistons subséquemment à une répétition spectaculaire des crimes abjects par la police congolaise. Des mesures importantes doivent être prises immédiatement».
Face à cette situation qui dénote un mépris des droits humains et accentue l’impunité des auteurs, le CAD a exhorté le Gouvernement à identifier les commanditaires et les agents ayant perpétré ces tortures et exécutions sommaires et à les traduire en Justice; prendre des mesures importantes pour corriger cette triste réalité et s:assurer que la lutte contre la criminalité juvénile ne se fasse au détriment du droit; instituer une campagne de tolérance zéro face aux violations graves des droits humains. Aux autorités judiciaires, elles doivent, entre autres, prendre toutes les mesures nécessaires pour restaurer l’autorité de la justice; et garantir les droits des victimes à la vérité, à la justice et à la réparation. A l’Union européenne, le CAD a recommandé de suspendre immédiatement le financement des 5 millions d’euros attribués à la police congolaise en vue de sa modernisation, sans professionnalisation et la prévention de la torture et toute forme de traitement inhumain et dégradant.

Philippe BANZ

Abonnez-vous à notre bulletin d'information

AUTRES ARTICLES

Articles populaires

Commentaires

horlentinmpan@gmail.com sur Les VBG prennent le pouvoir !