Le 13 août 2025, le Sénat a procédé à la clôture de sa sixième session ordinaire administrative de la 4ème législature. Les travaux ont été présidés par Pierre Ngolo, son président. Voici, son discours de clôture en intégralité.

Monsieur le ministre de l’Assainissement urbain, du développement local et de l’entretien routier, représentant le ministre d’Etat, ministre des Affaires foncières et du domaine de public, chargé des relations avec le Parlement;
Vénérables sénateurs et chers collègues;
Très chers collaborateurs;
Mesdames, Messieurs.

A 70 jours de travail assidu, la 6ème session ordinaire administrative de la 4ème législature du Sénat arrive à son terme. C’est le moment pour nous de faire le bilan de cette période de réflexion, d’analyses et d’activités autour de nos missions statutaires d’organe législatifs, de représentant des collectivités locales, de modérateur et de conseil de la nation, question d’en tirer des leçons et des perspectives pour l’avenir.
Force est de souligner que les travaux de la session qui s’achève aujourd’hui se sont déroulés dans un contexte international particulièrement perturbé. Non seulement en raison de la violence des conflits armés très meurtriers en Europe (Ukraine), au Moyen-Orient (Gaza, Syrie) et en Afrique subsaharienne (Soudan et Est de la République Démocratique du Congo), mais aussi à cause des bouleversements climatiques à l’origine de la fonte des glaciers dans le grand Nord, des inondations dans plusieurs parties de la planète, de la prolifération de grands incendies de forêts, etc.
En vérité, ces phénomènes ont, de nos jours, atteint des sommets très déstabilisants, avec leur écheveau de conséquences sur la facture énergétique et sur la biosphère globale, surtout celle de nos pays africains.
Comment ne pas croire qu’après ls risques nucléaires mondialement redoutés, l’humanité s’achemine vers une nouvelle menace existentielle par ce que le scientifique Noah Harari appelle «l’effondrement écologique», qui nous guette, et qui guette davantage notre postérité.
L’accélération de tels dérèglements climatiques à un moment où les surtaxes douanières américaines portent en elles des germes nocifs inflationnistes pour plusieurs économies, et désarticulent le commerce international, donne à penser à l’émergence d’une nouvelle configuration.
Cette tendance est perceptible, au regard de la montée en puissance de certaines Nations dans le sud global, dans les BRICS et au niveau d’autres pays émergents. De fait, est inscrit à l’ordre du jour le débat sur l’intérêt de la multipolarité du monde, avec des accents novateurs dans la quête d’un ordre international mieux équilibré. Un ordre qui prenne en compte l’interdépendance des pays, principalement sur les plans économiques, environnemental, technologique, financier, à quelque continent qu’ils appartiennent.
Sur le plan national, les temps présents par leur extrême gravité, ne nous prédisposent pas à un surcroit d’entrain pour de meilleurs rendements. C’est pourtant dans cette austérité ambiante que nous sommes employés à cultiver, au jour le jour, pendant 70 jours, le culte de l’effort tout autant que la foi en notre patrie.
Nous faisons ainsi consciemment, ou non consciemment, un large écho à cette orientation importante de Son Excellence Denis Sassou-Nguesso, Président de la République, Chef de l’Etat, orientation dégagée le 28 novembre 2022, dans son message sur l’état de la Nation devant le Parlement réuni en congrès. Rappelons-nous qu’à cette occasion et avec toute la solennité, le Président de la République disait cite: «être parlementaire, c’est porter la Nation dans le secret de son cœur et la servir avec lucidité et loyauté».
En effet, dans une disposition d’esprit à incarner résolument cet idéal, nous avons, au cours de la session, mis particulièrement en relief les préoccupations profondes du peuple congolais pour lequel le bien-être doit demeurer l’ultime objectif de nos pensées et de nos actions.
Affinons donc la réflexion sur les meilleurs moyens d’élévation de nos performances afin de mériter davantage la confiance du souverain premier.

Monsieur le Ministre;
Vénérables sénateurs et
chers collègues;
Très chers collaborateurs, mesdames, Messieurs.
Dans notre monde mouvementé, la diplomatie parlementaire s’affiche comme une passerelle certaine entre les peuples et les institutions et mérite d’être bien activée. Pour la période en examen, la 50ème Assemblée de l’APF tenue à Paris du 09 au 13 juillet, a été un grand rendez-vous diplomatique à l’occasion duquel la voix du Congo a été portée avec dignité par les Présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale.
Notre présence au défilé militaire du 14 juillet dernier, symbole d’une fraternité entre Nations, fut l’occasion solennelle de clamer l’intérêt pour les Parlements de sortir aujourd’hui de leur sollicitude législative pour promouvoir le dialogue au-delà des frontières afin de s’ériger en vraies sentinelles du multilatéralisme nouveau.
Le séjour en France nous a permis de jauger l’attachement des amis du Sénat français au protocole de partenariat régissant les relations entre nos deux chambres. Il est indéniable que le Sénat de France et celui du Congo se sont résolument engagés à développer une coopération solide et exemplaire venant en appui aux efforts de nos gouvernements.
Au nom du Sénat congolais et en mon nom personnel, j’adresse avec déférence nos remerciements sincères aux autorités françaises, notamment à Son Excellence monsieur Emmanuel Macron, Président de la République française, à notre frère Gérard Larcher, président du Sénat français et à madame Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale française pour tout ce qu’ils ont fait afin de nous garantir un très agréable séjour sur le sol français.

Monsieur le Ministre;
Vénérables sénateurs et
chers collègues;
Très chers collaborateurs, mesdames, Messieurs.
Le Congo, notre pays amorce le dernier virage sur la route d’une échéance capitale dans la vie de la Nation: l’élection présidentielle 2026. A l’approche de ce rendez-vous démocratique majeur, il revient à tous-institutions, acteurs politiques, société civile et citoyens-de veiller à ce que toutes les conditions soient réunies pour assurer un processus électoral transparent, apaisé et respectueux des droits fondamentaux.
Conformément aux principes énoncés dans notre Constitution, notamment en matière de liberté d’expression et de responsabilité citoyenne, il est de notre devoir collectif de prévenir tout comportement, tout discours susceptible de porter atteinte à la paix sociale. La diffamation, les injures, les appels à la haine, les manipulations, les violences ou autres dérives contraires à l’éthique républicaine constituent la ligne rouge que personne en devrait franchir.
Préserver la stabilité, l’ordre public et la dignité du débat politique est non seulement une exigence morale, mais bien plus une condition essentielle à la crédibilité de nos institutions, de nos acteurs politiques et à l’unité de notre Nation.
C’est dans la pluralité des idées, le respect mutuel et le dialogue constant que se forge une démocratie forte et durable. Investissons-nous donc à protéger et à consolider notre démocratie en reconnaissant au seul peuple la prérogative d’arbitrage final.

Monsieur le Ministre;
Vénérables sénateurs et
chers collègues;
Très chers collaborateurs, mesdames, Messieurs.
Dans deux jours, le Congo célébrera le 65ème anniversaire de son accession à la souveraineté internationale. Haut moment de mémoire, cette date historique doit être l’instant solennel de renouvellement de l’engagement collectif à construire notre pays et à bâtir le nouveau. Je souhaite bonne fête de l’indépendance à nous tous !

Vénérables sénateurs et chers collègues;
Très chers collaborateurs.
Bientôt va avoir lieu la séparation pour deux mois de vacances parlementaires, à mettre sérieusement à profit pour propager partout le message de la responsabilité, du respect mutuel et de la paix en vue de la consolidation de notre jeune démocratie.
Bonnes vacances parlementaires à tous !
Je déclare clos les travaux de la 6ème session ordinaire administrative du Sénat, 4ème législature.

Vive la Sénat !
Vive la démocratie !
Vive la République !
Je vous remercie.