Au cours d’un point de presse mardi 9 septembre 2025 à Brazzaville, en prélude de la Journée mondiale de prévention du suicide commémorée chaque 10 septembre, le Dr Paul Gandou, directeur du Programme national de santé mentale (PNSM), a appelé à changer de discours. Il nous faut renforcer la sensibilisation pour prévenir ce phénomène qui, a-t-il soutenu, est « une tragédie évitable ».
La communication du Dr Paul Gandou était articulée autour du thème de la 23e édition de cette Journée : « Changer le discours », une invitation à briser les tabous et à encourager une parole bienveillante, informée et ouverte autour du suicide. Il a rappelé que le suicide constitue un problème majeur de santé publique, vu son ampleur. Chaque année, environ 720 000 personnes en meurent dans le monde, soit une personne toutes les 40 secondes. Le suicide représente la troisième cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 29 ans, a-t-il indiqué.
Parmi les facteurs de risque, le Dr Gandou a cité la pauvreté, le chômage, les conflits, les catastrophes naturelles, l’isolement social, la stigmatisation ainsi que les troubles mentaux comme la dépression et la schizophrénie.
Le Congo n’est pas épargné. Environ 7 Congolais sur 100 meurent par suicide, selon les estimations du PNSM. Même si les données statistiques demeurent limitées, les hommes sont les plus touchés, tandis que les femmes réalisent davantage de tentatives, souvent avec des moyens moins létaux.
Le directeur du PNSM a assuré que « le suicide n’est pas une fatalité, c’est une tragédie évitable. Parler ouvertement peut donner à une personne d’autres options ou le temps de repenser sa décision ». Le pays dispose de trois structures publiques spécialisées en psychiatrie, ainsi que de services privés de consultations psychologiques et psychiatriques. Le PNSM prévoit le renforcement des campagnes pour sensibiliser à la prévention du phénomène, notamment en milieu scolaire, afin de détecter précocement les comportements suicidaires et d’encourager la résilience.
Enfin, le Dr Gandou a lancé un appel à l’implication collective: familles, enseignants, élus, professionnels de santé et médias sont invités à contribuer à la prévention du suicide, car «changer le discours, c’est offrir de l’espoir et sauver des vies».

Darchevie KETTE BONAZEBI (Stagiaire)