Mme Samia Suluhu Hassan a été investie présidente de la Tanzanie, le 3 novembre 2025, malgré les violences électorales qui ont fait des centaines de morts selon l’opposition et un scrutin critiqué pour son absence de transparence. Elle avait été promue à la tête du pays à la mort de John Magufuli en 2021 et est accusée de mener une sévère répression, après avoir assoupli, au début, les restrictions instaurées par son prédécesseur.

La présidente élue a prêté serment, lors d’une cérémonie qui n’était pas ouverte au public, contrairement aux précédentes. Elle a eu lieu en présence d’une centaine d’officiels et de militaires. Ils étaient quelques présidents d’Afrique de l’Est et australe à ses côtés : Evariste Ndayishimiye du Burundi, Hassan Cheikh Mohamoud de la Somalie et Hakainde de la Zambie.
Son élection a été qualifiée de parodie de démocratie par l’opposition, les deux principaux opposants n’ayant pas pu se présenter. L’un d’eux a été exclu pour des raisons de procédure. L’autre, Tundu Lissu, leader du principal parti d’opposition Chadema, a été arrêté en avril. Il est jugé pour trahison, une accusation passible de la peine capitale. L’Union européenne (UE) s’est dite très préoccupée après les violences de ces derniers jours. Elle a demandé un procès équitable pour ceux qui ont été arrêtés et une enquête sur tous les signalements d’enlèvements, de disparitions et de violences. Le 3 novembre, les observateurs de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) ont non seulement dénoncé les violences, mais également des irrégularités lors du scrutin.
Peu avant son élection, Samia Suluhu Hassan a condamné les manifestations violentes. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit «très inquiet et a appelé à empêcher toute nouvelle escalade de la violence», dans un pays qui reste isolé.

Alain-Patrick MASSAMBA

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