L’épiscopat congolais a tenu son Assemblée plénière ordinaire annuelle, la 54e du genre, du 14 au 19 octobre 2025 au centre interdiocésain des œuvres (CIO), à Brazzaville. Sous le thème: «Eglise-Famille de Dieu au Congo-Brazzaville, 30 ans après la publication de l’Exhortation apostolique post-synodal Ecclesia in Africa».
L++es conférences données et des exposés développés par divers intervenants ont été à la hauteur des ambitions nourries par les participants, en rapport avec le thème général subdivisé en sous-thèmes. L’abbé Christophe Maboungou, recteur du grand séminaire de philosophie Mgr Georges Firmin Singha, a développé le sous-thème sur la «Formation des acteurs de l’évangélisation: la question de la ratio nationalis et l’identité du prêtre congolais». Partant de l’étymologie du mot ratio nationalis, le conférencier a fait savoir qu’il s’agit de l’ensemble des documents qui relèvent de la formation du futur prêtre. Déjà, dans son introduction, l’abbé Christophe Maboungou a souligné que «les pères synodaux relevaient à cette époque: Aujourd’hui plus que jamais, l’on aura soin de former nos futurs prêtres aux vraies valeurs culturelles de leur pays, au sens de l’honnêteté, de la responsabilité et de la parole donnée.

Ils seront formés de manière à revêtir les qualités de représentants du Christ, de vrais serviteurs et animateurs des communautés chrétiennes, de manière à être des prêtres spirituellement solides et disponibles, dévoués à la cause de l’évangile, capables de gérer avec transparence les biens de l’Eglise, et de mener une vie simple en conformité avec leur milieu. Si l’Exhortation apostolique pos-synodal examine l’aspect de la formation des acteurs de l’évangélisation dans les deux premiers de cette exhortation, invitant à une formation appropriée des candidats au sacerdoce et à la vie consacrée et sur celle des laïcs, en particulier les catéchistes; la manière et les structures de formation constituent désormais des défis, mieux des urgences pour nos Eglises en Afrique en général, et pour l’Eglise-Famille de Dieu qui est au Congo en particulier. Il s’agira de nous pencher sur les enjeux et défis actuels auxquels se trouve confrontée la formation sacerdotale dans nos séminaires diocésains en dialogue avec la Ratio Fundamentalis et institutionis sacerdotalis en vue d’une ratio nationalis et d’une ratio studiorum adaptées aux exigences du contexte actuel». En revanche, le conférencier a fait référence à plusieurs lettres pastorales des évêques. Celle du cardinal Emile Biayenda sur le profil du prêtre congolais évoqué lors de l’Assemblée plénière de 1973, notamment sur le prêtre congolais dans l’Eglise et dans la société, ainsi que sur la formation des prêtres dans nos séminaires diocésains, interdiocésains et nationaux en 2006. Et d’évoquer le contexte historique de la formation au sein de la Conférence épiscopale du Congo. Depuis sa création en 1971, la Conférence épiscopale du Congo a toujours fait de la formation des jeunes au sacerdoce, un enjeu, un défi majeur et une urgence pastorale. Il y a lieu de rappeler cette mémorable première réunion du 25 novembre 1937 à Loango sur la problématique des séminaires et du personnel enseignant. La réunion du 15 février 1947, à Douala, autour des vicaires apostoliques ayant adopté la création d’un séminaire régional à Brazzaville le 23 octobre 1947. Ayant porté officiellement sur les fonts baptismaux le grand séminaire régional Libermann, renommé grand séminaire cardinal Emile Biayenda. La problématique de la formation adéquate des prêtres se pose avec acuité dans les circonstances actuelles, dans un monde en proie à de nombreuses mutations. Faudrait-il organiser des états généraux des séminaires?
L’abbé Christophe Maboungou concluait sa conférence par une interpellation de Mgr Daniel Mizonzo, évêque de Nkayi, alors président de la Conférence épiscopale du Congo, qui évoquait lors de la 49e Assemblée plénière la question de la formation des prêtres. Il plaidait pour une accentuation de la formation humaine, spirituelle, intellectuelle et pastorale afin d’avoir de vrais prêtres qui soient à la dimension et à la hauteur de ce que l’Eglise veut. Mais avant tout, un travail d’écoute et de discernement devrait se faire dans les paroisses par la mise en place des commissions de suivi des séminaristes élargi aux laïcs (Conseils pastoraux paroissiaux).
En marge des assises de cette 54e Assemblée plénière, GIRES (Groupe interdisciplinaire de recherches sur l’Eglise et la société) a présenté le samedi 18 octobre 2025 à l’hôtel de l’ACERAC, sa seconde revue «Education et évangélisation au Congo-Brazzaville. Bilan, défis et perspectives» paru aux Editions L’Harmattan à Paris, en France, en mai 2025. A cette occasion, l’abbé Christophe Maboungou a fait la présentation de la revue. «C’est une thématique déjà développée lors d’une conférence-débat organisé le 22 avril 2023 par GIRES et animé par Mgr Urbain Ngassongo. «A l’ère où l’Eglise du Congo, bénéficie de façon providentielle de l’Accord-cadre signé en 2017 entre le gouvernement et l’Eglise catholique au Congo, adopté par le parlement en 2018 et entré en vigueur en 2019, cette revue vient à point nommé aider les acteurs de l’évangélisation à s’approprier les stratégies d’un système éducatif catholique réellement contextualisé».
A cette même cérémonie de présentation de l’Acte 2 cahiers du GIRES, Mgr Brice Armand Ibombo, évêque de Ouesso, en sa qualité de membre de cette plateforme, a fait sa genèse. Elle remonte à l’an 2000, lors de la publication de son premier ouvrage intitulé «La Voix de l’espérance au Congo». Dans cette vision, les missionnaires européens venus annoncer l’évangile du Christ en Afrique et au Congo à partir du 19e siècle, ont considéré l’éducation comme étant le pilier de l’évangélisation. Ils ont posé les jalons de leur action missionnaire sur les œuvres sociales, à travers la trilogie infrastructurelle de l’Eglise, école et dispensaire ou centre de santé. «Fonder partout des écoles, c’est l’une des premières missions des missionnaires européens. Car l’école, c’est la clé de l’évangélisation. Education et évangélisation s’interpellent et marchent ensemble. La multiplication des écoles est de la plus haute importance pour recruter le personnel dont l’Eglise a besoin comme prêtres, religieux, catéchistes et instituteurs». Mgr Philippe Prosper Augouard disait: «Ma mission est de former des hommes utiles à la société. L’éducation est le levier de l’évangélisation».
Pascal BIOZI KIMINOU







