Le ministre des Finances, Christian Yoka, a présenté le 14 juillet 2026, devant les deux chambres du Parlement, le projet de loi de finances rectificative 2026, arrêté en recettes à la somme de 2 778 milliards 016 millions de FCFA, et en dépenses à la somme de 2 561 milliards 069 millions de francs CFA.
Le 14 juillet 2026, le ministre des Finances, Christian Yoka, a présenté devant les deux chambres du Parlement le projet de loi de finances rectificative pour l’année 2026. Ce projet fixe les montants du budget de l’État et vise à ajuster l’exécution budgétaire au regard de l’évolution de la situation.
Contexte ayant conduit au projet
Les 23 et 24 avril 2026, une nouvelle équipe gouvernementale a été installée après l’élection présidentielle des 12 et 15 mars 2026. Cette réorganisation s’est traduite par la reconduction de certains ministères, la création de nouveaux départements ministériels, la recomposition de certaines structures existantes.
Afin de tenir compte de ces changements, le décret n°2026-179 du 8 mai 2026 portant ouverture de crédits d’avance au titre de l’exercice 2026 a été publié. Il a fallu, par conséquent, procéder à des ajustements des crédits budgétaires initialement prévus par la loi n° 42-2025 du 31 décembre 2025 relative à la loi de finances pour 2026.
La présentation de ce projet de loi rectificative s’inscrit dans les dispositions de l’article 58 de la loi organique n° 36-2017 du 3 octobre 2017 relative aux lois de finances, qui prévoit le dépôt d’un projet de loi de finances rectificative lorsque l’équilibre financier de la loi de finances initiale est modifié, notamment en fonction des décrets d’avance ou d’annulation des crédits; les recettes constatées en cours d’année sont très différentes des prévisions initiales; de nouvelles mesures législatives ou réglementaires affectent substantiellement l’exécution du budget.
Ce cadre explique la nécessité de ce projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026, présenté au Parlement.
Hypothèses révisées
L’élaboration de ce projet de loi a tenu compte de l’évolution du contexte international, marqué par de vives tensions géopolitiques au Moyen-Orient, opposant notamment l’Iran, d’un côté, aux États-Unis et Israël, de l’autre. «Ces tensions ont entraîné une hausse des cours mondiaux du pétrole au premier semestre 2026, laissant espérer une amélioration des recettes pétrolières. Cependant, la conclusion d’un accord de paix à la fin du premier semestre a inversé la tendance et a atténué les résultats initialement anticipés pour la fin de l’année 2026. Malgré cela, des violations répétées de cet accord entretiennent une incertitude quant aux estimations des résultats de fin d’exercice», a expliqué le ministre.
Ainsi, les hypothèses de la loi de finances initiale ont été ajustées: le taux de croissance est maintenu à 5,5 %; le taux d’inflation est relevé à 2,7% au lieu de 3,0%; le prix du brut congolais passe de 60,3 dollars à 67 dollars le baril (soit +11%); la production pétrolière reste estimée à 105,0 millions de barils; le taux de change retenu demeure 550,0 FCFA pour 1 dollar.
Pour le gaz, les volumes sont estimés comme suit: GNL: 137 812 429 MMBTU (7,4 $/MMBTU), GPL: 334 800 tonnes (500 $/tonne), Gaz CEC : 985 000 KSM3 (135 $/KSM), Gaz CED: 65 700 KSM3 (80 $/KSM)
Les objectifs de ce projet de loi restent ceux de la loi de finances initiale et s’alignent sur les orientations du cadre budgétaire à moyen terme (CBMT) 2026-2028, à savoir: consolider les recettes publiques (digitalisation des processus, réduction des exonérations fiscales, optimisation des recettes issues des ressources naturelles : pétrole, forêt, mines); rationaliser et améliorer l’efficacité des dépenses publiques, notamment par une gestion rigoureuse des dépenses de fonctionnement; assurer la gestion de la dette publique, en poursuivant les efforts de réduction du niveau de la dette; renforcer la résilience de l’économie, via le développement des secteurs hors pétrole et la reconstitution du fonds de stabilisation à la BEAC.
Chiffres globaux du budget rectifié
Le projet de loi de finances rectificative pour 2026 fixe ainsi: recettes: 2 778 milliards 016 millions de FCFA, contre 2 550 milliards 540 millions dans la loi de finances initiale; dépenses: 2 561 milliards 069 millions de FCFA, contre 2 320 milliards 167 millions initialement.
En trésorerie et en financement: ressources: 1 595 milliards 360 millions de FCFA, contre 1 240 milliards 360 millions initialement; charges: 1 812 milliards 306 millions de FCFA, contre 1 470 milliards 732 millions initialement.
Ce budget rectifié dégage un excédent budgétaire prévisionnel de 216 milliards 947 millions de FCFA, contre 230 milliards 373 millions dans la loi de finances initiale.
En matière de financement, il prévoit un déficit estimé à 216 milliards 947 millions de FCFA, correspondant à l’écart entre: les ressources de trésorerie (1 595 milliards 360 millions) et les charges de trésorerie (1 812 milliards 306 millions).
Cyr Armel YABBAT-NGO







