Destinée à transformer le lithium, dont le pays est le premier producteur en Afrique de ce métal indispensable à la fabrication des batteries électriques, la première usine zimbabwéenne est désormais opérationnelle. Une étape importante dans la campagne d’Harare pour mettre fin à l’exploitation massive à l’état brut de ses richesses minières, à l’instar de ce métal nécessaire aux énergies renouvelables.
Une étape importante vient d’être franchie pour limiter l’exportation des minerais à l’état brut. Le Zimbabwe a suspendu ses exportations de lithium brut en février. Les sociétés minières accélèrent en effet la construction de leurs usines de traitement de lithium dans ce pays d’Afrique australe. Elles doivent être prêtes avant l’entrée en vigueur de l’interdiction effective des exportations de sulfate de lithium brut, prévue en janvier 2027.
Sans surprise, la première est une entreprise chinoise, car la Chine est le premier fabricant mondial de véhicules électriques et principal acheteur du lithium zimbabwéen. Prospect lithium Zimbabwe (PLZ) a construit son usine à Goromonzi, à une trentaine de kilomètres de la capitale Harare. Une installation à 400 millions de dollars. C’est la première usine de sulfate de lithium du continent. PLZ a quasiment achevé une autre usine, cette fois pour raffiner du carbonate de lithium, seconde étape dans la chaîne de transformation, pour aboutir à la fabrication des batteries au lithium.
Dans cet élan, le gouvernement zimbabwéen souhaite que ces batteries soient fabriquées sur son territoire, pour capter la valeur ajoutée, créer des emplois et stimuler l’économie du pays. Comme le lithium, treize autres minerais, comme le cobalt ou les terres rares ne pourront plus être exportés à l’état brut au début de l’année prochaine. Les minerais dits critiques incluent des dizaines de matériaux dont le cobalt, le nickel, le manganèse, le graphite et le lithium, ainsi que les terres rares.
Alain-Patrick MASSAMBA







