La République démocratique du Congo fait face à l’épidémie d’Ebola la plus meurtrière jamais enregistrée sur son territoire. Déclarée officiellement le 15 mai 2026 dans la province de l’Ituri, cette 17e flambée nationale, provoquée par le virus Ebola de Bundibugyo, connaît une progression rapide et continue de s’étendre dans l’Est du pays.
Selon les dernières données disponibles au 25 août 2026, le bilan s’élève à environ 5 514 cas confirmés et 2 642 décès, soit une létalité proche de 48%. L’épidémie a ainsi largement dépassé celle de 2018-2020, qui avait enregistré 3 317 cas et 2 299 décès. Elle constitue désormais la plus importante flambée d’Ebola jamais documentée en RDC en nombre de cas comme en nombre de décès.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) décrit la situation comme une phase de transmission intense et en expansion. Partie de la zone de santé de Mongbwalu, en Ituri, l’épidémie s’est progressivement étendue à six provinces: Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Haut-Uélé, Tshopo et Bas-Uélé.
L’Ituri demeure l’épicentre de la crise. Mais l’extension géographique de la maladie complique considérablement les opérations de surveillance, de recherche des contacts, d’isolement et de prise en charge des patients. La mobilité des populations, les déplacements liés aux conflits, l’insécurité et les difficultés d’accès à certaines localités favorisent la poursuite de la transmission.
A ces facteurs s’ajoutent la méfiance d’une partie de la population envers les structures sanitaires, la désinformation et les difficultés rencontrées par les agents de santé. L’OMS rapporte notamment plusieurs attaques contre des structures de santé depuis la déclaration de l’urgence sanitaire internationale, perturbant les opérations de riposte et augmentant le risque de transmissions non détectées.
La particularité de cette épidémie tient également à la souche virale en cause. Il s’agit du virus Ebola de Bundibugyo, une souche rare pour laquelle aucun vaccin spécifiquement homologué ni traitement spécifique n’est actuellement disponible. Toutefois, la RDC a récemment reçu 16 250 doses du vaccin Ervebo, utilisé contre une autre souche d’Ebola. Des essais et évaluations sont envisagés afin de déterminer dans quelle mesure ce vaccin pourrait offrir une protection contre le virus.
Face à l’aggravation de la situation, les autorités congolaises, l’OMS, les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) ainsi que plusieurs partenaires internationaux renforcent la surveillance, les capacités de diagnostic, la prise en charge des malades et la recherche des contacts. L’enjeu est désormais de rapprocher davantage la riposte des communautés et de restaurer la confiance indispensable au contrôle de la transmission.
La RDC se trouve ainsi confrontée à l’une de ses plus graves crises sanitaires. La progression actuelle rappelle que, face à Ebola, la rapidité de la détection, l’accès aux soins, la protection des personnels de santé et surtout l’adhésion des communautés demeurent déterminants pour inverser la courbe de l’épidémie.
Gaule D’AMBERT







