Deux champions pour une même coupe. C’est l’exploit qu’a réussi la Confédération africaine de football (CAF) qui a retiré au Sénégal, le 17 mars 2026, le titre de champion d’Afrique de l’édition 2025 de la CAN organisée par le Maroc, au profit du pays organisateur déclaré vainqueur sur tapis vert. Une décision de son jury d’appel, inédite, qui fait scandale aux yeux de nombreux amoureux du football africain, voire mondial.
Dans l’histoire du football moderne, jamais l’on a assisté à un tel revirement après l’homologation d’un match, qui plus est, une finale de compétition continentale couronnée par une cérémonie protocolaire de remise officielle de trophée. Pour nombre d’observateurs, revenir deux mois plus tard pour dire le contraire, tient d’autant plus du ridicule qu’il contribue à discréditer la CAF et à ternir son image.
La polémique née de la décision surprenante de la CAF est bien partie pour enfler davantage. Elle risque d’avoir un goût amer dans la bouche de nombreux Sénégalais. Au-delà des arguments avancés, c’est le timing qui pose, ici, le plus problème. On aurait compris que le règlement soit appliqué le jour de la finale, et que le Sénégal fût déclaré forfait sur place. Mais en manquant de le faire en son temps, et en laissant la rencontre aller à son terme pour sortir cette décision controversée, la CAF prête le flanc à la critique. Au plus fort de la compétition, certains l’accusaient déjà de manigances visant à favoriser le couronnement du Maroc, hôte de la compétition.
Le débat est loin d’être clos. Le Sénégal a, en effet, introduit un recours au Tribunal arbitral des sports (TAS) que l’instance siégeant à Lausanne a déjà validé. Ce qui veut tout simplement dire que, en attendant la décision finale, le titre de la CAN est provisoirement suspendu. Une bataille juridique se prépare désormais entre le Sénégal et l’instance continentale, avec une procédure qui durera plusieurs mois. On susurre que le verdict final pourrait tomber après la Coupe du monde.
Voilà une affaire qui n’aurait jamais dû dépasser les limites de la pelouse. Cela est désolant. Car, le football est d’abord et avant tout un jeu. Et il ne doit pas perdre son essence. C’est ce qui fait, du reste, sa beauté, en plus d’être un puissant facteur de rapprochement des peuples et de renforcement de la cohésion sociale, malgré sa commercialisation croissante.

F. S.

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