Publié aux Editions La Bruyère (Paris), ‘’Paris, les Parisiens et la Sape’’, est un ouvrage de l’écrivain Bède Florentin Mbika, officier de gendarmerie, et directeur de l’organisation et de l’emploi de cette institution en République du Congo. Ecrit dans un style simple, agréable et accessible à tout lecteur, cet ouvrage de 55 pages, se subdivise en sept chapitres et relate le parcours, les réalités, aussi bien difficiles qu’agréables des Congolais ayant choisi de séjourner en France, notamment à Paris, dans la Sape (Société des ambianceurs et des personnes élégantes), leur religion.

Cet ouvrage relate le combat acharné que mènent ces émigrants de Paris, sur un terrain étranger qu’ils tentent de faire vivre à leur rythme. Se servant des personnages qui plongent le lecteur dans le mythe de la fiction et de la réalité, l’auteur reconstitue l’histoire de la Sape au Congo, tout en évoquant son côté aussi bien attractif, onéreux que son revers fait de désillusions, de regrets et de rapatriements forcés dans le pays d’origine, bien connu sous le vocable de ‘’Parisien refoulé’’. Près d’une douzaine de photographies réalisées par Francis Kihoulou Mountsamboté accompagnent le récit, à la fois narratif et descriptif de ce roman qui met sous forme scripturale le sujet de la Sape qui, autrefois, n’intéressait que les artistes-musiciens des deux rives du fleuve Congo et les fervents adeptes de la ‘’religion kitendi’’, autrement appelés ‘’Sapeurs’’.

Paris livre 1
La couverture du livre

La trame de ce livre a le mérite de relater avec dextérité la vie menée dans les rues de Paris par ces Congolais qui, une fois rentrés au pays, arborent des looks vestimentaires impressionnants. C’est ainsi que l’auteur souligne à la page 14: «Tout n’est pas vraiment rose à Paris ! Mais même dans l’armature, il y a en plus quelque chose qui te pousse à croire, à espérer ; quelque chose qui te dit que demain tout ira pour le mieux».
Décrivant le côté attractif de la vie que mènent les ‘’Parisiens’’, Bède Florentin Mbika ne cache pas son admiration et le respect qu’il a pour eux, en relevant à la page 20 : «Cette admiration pour les Parisiens, et le respect que je leur dois, dans tous les cas, pour certains, est dû à leur personnalité, à ce qu’ils ont de grand, malgré certains défauts alarmants et certaines faiblesses».
Au fil des pages du roman, l’auteur fait montre d’une connaissance historique et géographique indéniable des sites et lieux touristiques célèbres de Paris. Parlant des Parisiens, «ils ne sont pas tous pareils, ils ne sont pas seulement des coureurs de rues sans objectif certain, mais ils ont une personnalité ! Une personnalité à eux, parce que conscients et un peu coupables de ce qu’ils vivent». (Cf P. 21). A propos de l’enjeu de la Sape, Bède Florentin Mbika relève: «L’enjeu principal de la Sape lorsqu’on est jeune, démuni et sans avenir, c’est d’abord, l’accumulation de prestige». Cf P. 29).
Comparant la vie du Parisien à Brazzaville d’avec celle qu’il mène à Paris, l’auteur note à la page 26: «A Paris, le Parisien est un dur, il ne connaît pas la pitié et est insensible à la douleur, personne ne l’arrête et peut aller jusqu’à l’impensable. Il est capable de tout pour mener à bien un circuit ou pour réussir une affaire».
L’auteur fait preuve d’une grande connaissance des ‘’griffes’’, des couturiers et autres stylistes-modélistes de la Place de Paris. Par des métaphores teintées d’habileté et d’éloquence. Il décrit ce à quoi ressemble un Parisien refoulé, c’est-à-dire un émigrant Congolais en séjour à Paris, mais rapatrié par force dans son pays d’origine, par manque de documents réguliers: «C’est comme le soldat qui est allé en guerre et qui se trouve du côté des vaincus. Mais comme le vainqueur, il aura connu l’honneur de la guerre, la douleur, le déchirement et l’enfer, il faut donc se résigner et être fier de sa condition de vaincu».
Diplômé de Saint-Cyr et du Cours supérieur de l’Ecole des officiers de Gendarmerie de Melun, en France, le colonel-major Bède Florentin Mbika est détenteur d’une maîtrise en sciences sociales et humaines et diplômé d’état-major de l’Ecole interafricaine de Koulikoro au Mali (Ecole nationale à vocation régionale). Certifié en droit et sciences criminelles de l’Université Paris Sud. Il est breveté de l’enseignement militaire supérieur 2e degré de l’Ecole de guerre de Paris.

Alain-Patrick
MASSAMBA