Médecin pneumologue. Ils sont moins de 30 au Burkina Faso, pour une population de plus de 21 millions d’habitants, soit environ 700 000 personnes pour un seul spécialiste. Une ressource rare. Essentielle. Devenir pneumologue demande plus de 25 années d’efforts: un BAC avec mention, 7 années de médecine générale, 4 années de spécialisation, des stages, des formations continues.
Et malgré tout cela, Dr Richard n’a pas choisi de rester à la capitale. Il a préféré la province, au service des plus vulnérables. Là où les malades attendent parfois des mois pour consulter un spécialiste. Il est allé vers eux, convaincu que chaque Burkinabè a droit à la santé, quel que soit l’endroit où il vit.
Consciencieux, à l’écoute, profondément humain, il soigne chaque mois plus de 300 patients. Tuberculose, asthme, bronchopneumopathies sévères, etc. Il est aussi un père de famille attentif, engagé pour l’avenir de son fils et de son pays. Mais depuis plusieurs mois, son bureau reste fermé. Les patients attendent. On leur dit: «Le médecin est absent. Il reviendra bientôt». La vérité est plus dure: Dr Richard a été enlevé.
Aucune communication officielle. Aucun motif connu. Aucun lieu de détention indiqué. Chaque matin, sa femme et son fils espèrent un appel. Un signe. Une bonne nouvelle. J’écris par devoir moral, par loyauté envers un confrère, par fidélité à ce que nous sommes censés défendre. Si quelque chose lui est reproché, qu’il en soit informé. Qu’il ait droit à un traitement juste, transparent, conforme aux lois de notre pays. Le Burkina Faso, sa patrie, celle qu’il a choisie de servir en dehors des projecteurs, lui doit au moins cela.
Nous voulons tous voir notre pays réussir. Sortir de cette crise qui nous déchire. A nos forces de défense et de sécurité, nos BOYZ: toute ma reconnaissance. Vous escortez les convois, vous sécurisez le pays, souvent au prix de vos vies. Mais la place du Dr Richard, c’est à l’hôpital. Ses patients l’attendent. Sa famille l’attend. Nous l’attendons.
Dr Moumini NIAONÉ







