Le pool d’avocats tchadiens et français de l’ancien Premier ministre, Succès Masra, en détention préventive depuis environ deux mois sous l’accusation d’avoir orchestré le massacre de 42 éleveurs à Mandakao le 14 mai (ce qu’il a toujours nié), en appellent au président français Emmanuel Macron de peser de son poids pour sa libération sans condition.
L’ancien Premier ministre et opposant a été formellement inculpé en mai dernier par la justice de son pays, et le juge d’instruction l’a placé en détention préventive. Succès Masra est accusé d’avoir incité au massacre de 42 personnes quelques jours plus tôt à Mandakao, dans le Sud du Tchad.
Selon sa défense, le juge d’instruction, en plaçant Succès Masra en détention, a cédé aux pressions du plus haut sommet de l’Etat. Pour le collectif d’avocats, qui représente le président des Transformateurs, le seul élément présenté par les enquêteurs et sur lequel s’est appuyé le juge pour rendre sa décision est un audio enregistré en 2023, appelant à l’autodéfense des populations du Sud du Tchad face aux massacres qui avaient lieu à cette époque.
Le courrier des avocats fustige les violations des droits de l’homme et des libertés fondamentales du principal opposant tchadien. Ayant perdu toute confiance dans la justice du Tchad, Maître Vincent Bringarth du cabinet parisien Bourdon et associés, déjà mandaté par le leader des Transformateurs pour saisir la Cour pénale internationale après le «jeudi noir» d’octobre 2022, dit ne pas comprendre le silence de Paris.
Pour cet avocat, «dès le départ, nous savions que ces poursuites étaient parfaitement fabriquées, au regard du fait qu’elles reposent sur un enregistrement qui date de 2023 et qu’on vient tenter de porter une responsabilité à Succès Masra dans des affrontements qui ont eu lieu deux ans après, alors même qu’il n’y a strictement aucun lien de causalité entre cet enregistrement et ces affrontements. C’est une explication que nous avons fait valoir de façon extrêmement ferme devant les juridictions tchadiennes qui, à l’évidence, ne veulent pas entendre raison. A partir du moment où les recours internes ne fonctionnent pas, nous devons nous tourner vers des recours internationaux. Concrètement, nous attendons une réaction ferme de la France et nous attendons également d’Emmanuel Macron qu’il puisse jouer un rôle de médiateur dans une situation de blocage. Et nous ne nous expliquons pas aujourd’hui, le silence de la France face à cette détention que nous dénonçons et face aux poursuites totalement politiques dont fait l’objet Succès Masra».
Gaule D’AMBERT







