Le Consortium des associations pour la promotion de la Gouvernance démocratique et de l’Etat de droit (CAPGED) a donné une conférence de presse, lundi 9 mars 2026, au siège de l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH), à Brazzaville, pour exprimer son indignation. Le coordonnateur résident du Système des Nations au Congo a en effet intimé l’ordre aux responsables du Centre d’information des Nations Unies (CINU) à Brazzaville, le 27 février 2026, de refuser d’abriter la conférence de presse de l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH) portant sur la publication de son rapport 2O26 intitulé « Les droits humains en grande difficulté au Congo Brazzaville : L’illusion de démocratie et d’Etat de droit pour pérenniser la tyrannie ».
Cette conférence de presse a été animée par les responsables de cinq organisations de la société civile regroupés au sein du Consortium, l’Ocdh représenté par Mme Nina Cynthia Kiyindou Yombo, directrice exécutive, le mouvement citoyen Ras-le-bol, par maitre Bertrand Menier Kounianga, coordonnateur, l’association pour le respect du droit des populations autochtones, du développement durable et du droit de l’homme, par Cherotti Blanchard Mavoungou, président, le Forum pour la gouvernance et les droits de l’homme (FGDH), représenté par André Itoua, responsable administratif, et le Cercle des droits de l’homme et le développement (CDHD), aussi représenté par Francis Pambou, secrétaire général. Les animateurs de la conférence de presse ont révélé que la salle de conférence du CINU était choisie pour sa taille, sa sécurité et ses équipements adaptés. Cette salle était au préalable réservée et payée pour accueillir cet évènement. La presse nationale et internationale était conviée, y compris la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), le représentant du ministère de la Justice et des droits humains, ainsi que les représentants des missions diplomatiques (l’ambassade de France et la Délégation de l’Union européenne). Malheureusement, à quelques heures de l’évènement, la direction du CINU avait informé les responsables de l’OCDH que la salle ne serait plus disponible pour cette conférence presse, sous prétexte que pour le Gouvernement cette activité constituait un trouble à l’ordre public. L’OCDH était contraint d’organiser l’évènement à son siège à Moungali. Bien que le CINU avait restitué les fonds versés pour la réservation, cette attitude du coordonnateur résident du système des Nations Unies qui se soumet à des pressions extérieures pour entraver la libre expression et la participation civique, constitue une grave entrave à l’espace civique. Pour les membres du CAPGED, cet acte illustre une dérive inacceptable qui sert à renforcer la répression de la liberté d’expression et à perpétuer un climat d’intolérance envers les voix dissidentes, dans un contexte déjà marqué par une restriction croissante de l’espace civique. Cette décision du coordonnateur résident est en totale contradiction avec le rôle de neutralité et de soutien que les Nations Unies sont censées jouer auprès de la société civile congolaise. Cette posture affaiblit l’indépendance de l’ONU et porte atteinte à sa mission de défense des droits humains au Congo. La note de position produite par le consortium contient des recommandations, dont entre autres, pour renforcer l’indépendance des Nations Unies : le coordonnateur résident du système des Nations Unies au Congo doit préserver son rôle impartial et garantir la protection de l’espace civique au Congo ;et pour promouvoir un dialogue constructif : il est essentiel de rétablir un dialogue ouvert entre les autorités congolaises, les Nations Unies et les organisations de la société civile pour prévenir de telles violations à l’avenir.
A noter que les administrations publiques et les représentations diplomatiques seront ampliatrices de cette note de position, ont rassuré les responsables des organisations membres du Consortium.
Philippe BANZ







