La capitale éthiopienne Addis Abeba a accueilli du lundi 8 au mercredi 10 septembre 2025 le deuxième sommet continental organisé par l’Union africaine. Bien que le continent ne contribue qu’à hauteur de 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, les effets des changements climatiques se font sentir, particulièrement chez les enfants. En Afrique, les enfants sont considérés comme le visage de l’injustice climatique.
Soutenus par plusieurs associations comme Save the children, les enfants d’Afrique espéraient faire entendre leur voix à ce deuxième sommet continental sur le climat. Lors de la rencontre, une dizaine d’organisations non gouvernementales spécialisées sur les droits des enfants à travers l’Afrique se sont fait les porte-paroles des plus jeunes générations et ont appelé les chefs d’Etat à les écouter en priorité.
«Les enfants ont un organisme fragile dû à leur âge, la façon dont les changements climatiques affectent leur santé est différente de comment cela affecte la santé d’un adulte», a rappelé Valérie Sorgho Koutou, conseillère spécialiste en plaidoyer et politique pour les droits de l’enfant à Save the children. En cas d’inondations par exemple, les enfants sont les premiers touchés par la famine, mais aussi par la destruction des infrastructures scolaires provoquées par ces mêmes inondations. En Afrique, un enfant sur trois de moins de cinq ans, soit environ 64 millions, est pris au piège d’une grave pauvreté alimentaire.
Les enfants ont formulé une série de demandes prioritaires auprès des chefs d’Etat qui pour eux, constituaient les décisions à prendre lors de ce sommet: la protection des forêts et des espaces verts, la création de programmes éducatifs sur la protection de la nature, l’amélioration des infrastructures pour gérer les eaux de pluie et leur inclusion dans l’élaboration des politiques climatiques.
Si les droits de tous les enfants sont atteints par les effets des changements climatiques, les filles et jeunes femmes vivant à la campagne sont quant à elles touchées de manière disproportionnée. Ce sont elles qui en général sont chargées d’aller chercher l’eau. En cas de sécheresse, cette quête devient plus longue et plus difficile, «la jeune fille parcourt des kilomètres et manque l’école», un trajet durant lequel elles sont «exposées à toutes formes d’agressions, dont sexuelles», a rapporté Valérie Sorgho Koutou.
La conseillère de l’ONG Save the children explique qu’en cas de récoltes insuffisantes et que les parents n’arrivent pas à subvenir aux besoins de leurs enfants, «les filles sont données en mariage très tôt, avant l’âge de 18 ans, pour se débarrasser de quelques bouches à nourrir».
Aristide Ghislain NGOUMA







