Les négociations sur le climat de la COP30 au Brésil ont débouché sur un accord adopté dans la douleur, samedi 22 novembre 2025. Les 197 Etats sont parvenus à arracher un consensus de faible portée réelle, sans aucune référence aux énergies fossiles, premier carburant du réchauffement. L’accord reflète l’équilibre des profondes tensions et divergences entre pays et blocs d’États.
Présent aux négociations, le ministre britannique de l’Energie, voit dans cette issue «un pas en avant. Plus de 190 pays ont réaffirmé leur engagement envers l’Accord de Paris», a-t-il relevé. Linda Kalcher, directrice exécutive du think tank européen Strategic perspectives, perçoit dans le résultat de cette COP «une manifestation d’une nouvelle réalité géopolitique».
Le texte final du Mutirão ne contient pas de mentions des énergies fossiles, comme figurées dans l’accord historique trouvé à Dubaï, il y a deux ans. L’accord reste faible aux yeux du camp d’une plus grande exigence dans les efforts de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. Et ce malgré une puissante offensive de la part de 80 pays qui ont formé une coalition en faveur d’une feuille de route pour amener les Etats à abandonner progressivement l’usage du pétrole, du gaz et du charbon, comme le requiert l’accord de la COP28. Cette demande était inenvisageable pour de nombreux pays (pétroliers, émergents) ou pas forcément soutenue par certains pays d’Afrique.
Par la voix de son commissaire européen au climat Wopke Hoekstra, Bruxelles dit avoir cédé pour sauver le multilatéralisme. Les Brésiliens ont proposé de lancer un processus parallèle au cadre de la COP pour reprendre cette feuille de route. Une même initiative volontaire concernera une feuille de route de la déforestation. Mais elles pourront tout aussi bien s’empoussiérer sur une étagère.
Ce sujet déçoit d’autant plus qu’il a été fortement insufflé par le président brésilien Lula dans ses discours des 6, 7 et 20 novembre, en appelant à la fin de la dépendance aux énergies fossiles à travers une feuille de route, suscitant un vif espoir de plusieurs nations et de la société civile.
Faiblesse également sur le sujet connexe de la rehausse de l’ambition climatique, la sortie des fossiles étant son principal moteur.
Les pays du Sud qui souhaitaient un accord fort sur l’adaptation au changement climatique repartent avec un texte qui «appelle à des efforts pour au moins tripler» les financements d’ici à 2035 pour l’adaptation climatique des pays en développement sur les dix prochaines années.
A ce grand rendez-vous, le Congo a été représenté au plus haut sommet par le président Denis Sassou-Nguesso.
Alain P. MASSAMBA

