À Brazzaville, les habitants endurent de fréquentes coupures d’électricité et parfois même plusieurs dans la même journée. Ces interruptions, souvent prolongées, perturbent le fonctionnement des entreprises et des foyers, entraînant des pertes économiques et des désagréments quotidiens majeurs, tels que l’impossibilité de conserver les aliments au frais, des problèmes d’éclairage, etc. La vie quoditienne est mise à rude épreuve. L’exaspération est à son comble.

À Talangaï, le 6e arrondissement, Magalie Mambeké, mère de cinq enfants, essaie tant bien que mal de s’en sortir avec sa petite boucherie de quartier. Chaque jour, elle achète du poisson, de la viande, et les conserve au frais dans des glacières branchées sur sa chambre froide. Mais depuis les dernières pannes, tout est parti à la poubelle. «C’est pas la première fois, mais là c’était trop. J’ai perdu quatre glacières pleines de poisson et trois autres de côtes. Toute la marchandise a pourri. Ça sentait mauvais, j’ai pleuré en les jetant», confie-t-elle, la voix tremblante.

Les surgeles pourris par manque delectricite
Les surgelés pourris, par manque d’électricité

Magalie n’est pas la seule à vivre cette situation. À quelques rues de là, d’autres petits commerçants ferment boutique avant la tombée de la nuit. Certains, confrontés à des difficultés économiques, n’ont même plus les moyens de faire venir des produits frais. «Sans électricité, rien ne fonctionne. Même pour charger un téléphone, il faut marcher jusqu’à une boutique qui recourt à un groupe électrogène», explique, agacé, un jeune vendeur.

Les pertes sont énormes. Et ce ne sont pas seulement des pertes d’argent: c’est l’espoir qui s’effondre petit à petit. «Je travaille pour nourrir mes enfants, pour les envoyer à l’école. Là, je n’ai plus rien à vendre. Je dois emprunter pour faire le marché. Si ça continue, je vais tout arrêter », soupire Magalie.

La situation affecte également les foyers et les familles. Pannes de réfrigérateurs, nourriture pourrie, nuits dans le noir avec les moustiques, enfants qui pleurent parce qu’il fait trop chaud… « Chaque fois qu’il y a une coupure, on vit comme au village. Sauf que, même là-bas, au moins on peut faire du feu », ironise un père de famille.

Les habitants de Brazzaville réclament des solutions concrètes. Les coupures sont trop longues, trop fréquentes. Certains quartiers passent 3 à 4 jours sans courant. D’autres n’ont même pas d’eau quand il n’y a pas d’électricité. Une vraie misère urbaine.

«On ne demande pas la lune. Juste que la lumière soit là, comme il faut. Le courant, c’est la base de tout aujourd’hui. On vit en ville, on n’est pas dans la brousse», s’indigne Magali.

Malgré les plaintes, la situation ne change pas. Les autorités restent silencieuses, pendant que la population trinque. En attendant, Magalie garde espoir. Elle nettoie ses glacières vides et prie pour que le courant électrique soit rétabli. « On ne vit pas, on survit. Mais Dieu voit tout. Un jour viendra, ça va changer.

Lionel MAMBEKE (Stagiaire)

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