Le continent est entré en ébullition. La fièvre pourrait se prolonger. A Madagascar la semaine passée, des jeunes et des moins jeunes sont descendus dans la rue au cri de «Nous voulons de l’eau, pas du sang». Ils protestaient contre les pénuries d’eau et les coupures d’électricité dans le pays, réclamant la destitution du gouvernement et même du président Andry Rajoelina. Au Maroc aussi les jeunes sont descendus dans la rue. Cette «GénérationZ» proteste notamment contre la corruption dans le pays et plus d’attention pour les classes défavorisées. Certes ces deux pays sont éloignés l’un de l’autre, tout comme l’est celui qui les a inspirés, le Népal aux flancs de l’Inde, qui a chassé son premier ministre.
L’exaspération des peuples finit, parfois, par faire tâche d’huile. Ce qui fut appelé «révolution du Jasmin» partit de Tunisie en 2011 ; puis gagna l’Egypte, la Libye… Les mêmes causes produisirent les mêmes effets … avant de retomber dans un flop que n’avaient pas vu les chroniqueurs. Les mouvements de masse en Afrique ont toujours eu leur trajectoire, il ne devrait pas en être autrement cette fois-ci. Une seule particularité inquiète : la proximité des élections cruciales dans beaucoup de ces pays dont certaines portent les germes annoncées de la contestation. D’ici le milieu de l’année prochaine, les figures des dirigeants majeurs pourraient en effet changer. Pacifiquement par le vote ou dans la turbulence de la contestation comme souvent en Afrique. Cameroun, Congo, Guinée, Côte d’Ivoire, Burkina Faso etc… sont attendus au tournant de la maturité et de l’alternance.
Partout, la jeunesse se dit insatisfaite et appelle la classe politique à porter son attention sur elle. «Pacem in circensens», réclamait-on dans la Rome antique, «du pain et des jeux». Aujourd’hui les jeux ne suffisent plus : du courant et de l’eau !
Albert S. MIANZOUKOUTA
